Devenir modèle : ça c'est ma question, posée de front dans au moins un report et abordée en
suspension dans bien d'autres.
La première phrase de ton texte : "les modèles ne font que copier" ?
Je me sens pas "copier" quoique ce soit et pis même encore
aujourd'hui où je suis incapable de compter correctement le nombre de fois où l'on m'a attachée
(plus de 10 mais moins de 50...) ce qui laisse penser que j'ai quand même un certain nombre de
jeux derrière moi, mais je ne me considère pas comme "expert". Je continue de me présenter
comme une novice au nouveau partenaire potentiel.
Et je ne demande rien que du respect de la
part d'un attacheur avec qui j'expérimente la première fois, tout comme je lui en donne. Donc
manifestement, je n'entre dans la définition ci-dessus donc je ne suis pas un modèle. Remarque
je m'en doutais et j'aurais pas idée de me présenter en tant que tel de toute façon, ni maintenant,
ni jamais.
[...]
"Je suis toujours surpris de voir des personnes avoir la possibilité de pouvoir enchainer les jeux
de corde, passer d’un attacheur à un autre."
Oh, celle-là, je la prends pour moi et je la mets à côté de celle d'A.S.
"Alors, t'as eu ta dose de
cordes ?".
Et je ne répondrais qu'une chose à cela :
« Experience is not what happens to you; it's what you
do with what happens to you.» [Aldous Huxley]
Et toi qui lit mes reports depuis maintenant plus
d'un an, tu sais bien ce que je fais de ce qui m'arrive, tu sais combien justement, je mets les
choses en perspective en rebondissant sur la globalité.
Reste que ma propre capacité à m'investir
plus ou moins dans un jeu de cordes ne regarde que moi et l'attacheur. Il ne me semble pas avoir
jamais manqué de respect à l'un d'entre vous, j'ai toujours donné à la mesure de ce que je
recevais, portant mon attention sur les cordes et leur manieur pour répondre aux attentes et
essayer d'anticiper les mouvements.
Après, qu'importe que j'en sois à 2 ou à 200 jeux de cordes,
ça ne regarde que moi si chaque fois, je donne le respect que je dois à celui qui me donne de son
temps et ses cordes.
Maintenant que j'y regarde de plus près ce qui me fait réagir de manière si épidermique sur cette
phrase c'est le terme "enchaîner" et "passer", ça a quelque chose d'un jugement péjoratif. La
passe c'est le vocabulaire spécifique pour la prostituée, la femme légère par excellence de
l'imaginaire collectif.
Si c'était Fab qui m'avait dit cette phrase, je lui aurais répondu que "oui" et que heureusement,
justement que j'étais capable de faire assez abstraction de moi-même, de mon corps, de mes
perceptions parce que c'est sans doute ce qui a sauvé le peu de salubrité mentale que je
possède. Cependant, tu n'es pas Fab, tu ne connais pas cette tranche de vie.
Alors disons
simplement, que même si j'adhère facilement par respect et par soumission envers mon
partenaire à certains concept d'exclusivité, c'est quelque chose qui m'apparaît plus tenir de l'ordre
de la conviction intime teinté d'interdit chrétien et rien ne m'oblige à y adhérer intimement.
Et
de mon propre point de vue, la fidélité tient plus à la droiture d'une attitude, au respect d'un
contrat moral entre deux personnes qu'à une certaine exclusivité physique.
Et j'en reviens au début de mon paragraphe qu'importe de "passer" de l'un à l'autre si la
démarche est sincèrement et respectueusement authentique à la mesure de ce qui existe entre
les deux partenaires. Que tout le monde n'en soit pas capable, ne démontre pas que certains ne
le soient pas.
Certains savent plus facilement s'isoler, se recentrer sur une situation, et j'avoue
humblement que je pense que mes explorations personnelles sur les états modifiées de
conscience m'ont données une capacité d'induction peu courante.
Reste à la limite que si je serais prête à concéder que le modèle copie l'attacheur, ça serait
justement dans ce domaine, qui êtes-vous pour nous cingler de remarques désobligeantes sur le
nombre de nos jeux de cordes quand vous-même attachez presque à la tâche.
D'ailleurs, tu fais le rapprochement toi-même.
[...]
Et pour en terminer avec cette interminable réponse, ta dernière phrase en gras :
" Il n’y a pas de chemin plus difficile pour l’attacheur que de porter quelqu’un a ce niveau. Il n’y a
pas de responsabilité plus grande que d’accepter cette offrande."
C'est quelque chose sur lequel il va falloir que je travaille. L'acceptation ça reste central. Accepter
c'est se dire oui, suis-je capable de m'aimer assez pour me dire "oui"...
Extraits de correspondance.
mercredi 15 août 2012
lundi 18 juin 2012
Types de "rope bottom/bunny/slut"
Pourquoi vouloir être attachée ? Quel est ton intérêt pour les cordes ? Qu’est-ce qui t’a attiré dans les cordes ? Qu’espère-t-elle de la scène si elle devait en choisir qu’une ? Est-ce qu’elle aime les choses intenses ? la vitesse ?
Quand à connaître les motivations qui poussent les "rope bottom"/modèle dans les cordes, je partage une traduction personnelle rapide et sommaire d’une interprétation de “A Top's Guide to Bondage Bottoms” de Michael Nelson, Copyright ©1997 qui classe les rope bottom en 6 catégories et qui en son temps, se trouvait ici : http://www.inside-shibari.com/F8-Safety/
Je ne souscris pas forcément à son découpage dans le sens où je me verrais plutôt “loss of control lover” ascendant “intensity freak” voir “endorphin pig” qu’à me ranger dans une seule case mais cela a le mérite d’être clair et de proposer un échantillon des différentes motivations.
Quand à connaître les motivations qui poussent les "rope bottom"/modèle dans les cordes, je partage une traduction personnelle rapide et sommaire d’une interprétation de “A Top's Guide to Bondage Bottoms” de Michael Nelson, Copyright ©1997 qui classe les rope bottom en 6 catégories et qui en son temps, se trouvait ici : http://www.inside-shibari.com/F8-Safety/
Je ne souscris pas forcément à son découpage dans le sens où je me verrais plutôt “loss of control lover” ascendant “intensity freak” voir “endorphin pig” qu’à me ranger dans une seule case mais cela a le mérite d’être clair et de proposer un échantillon des différentes motivations.
- Submissive Slave - s’intéresse à l’acte de soumission avant tout, le bondage n’est qu’un moyen utilisé vers leur but : servir le dominant. Se soumet au Maître, pas au bondage. Le bondage peut simplement être psychologique - ordre de ne pas bouger.
- Loss of Control Lover - s’intéresse avant tout au bondage, aime la notion de perdre le contrôle de soi, considère le bondage comme un moyen d’être se sentir impuissant. aime les formes de bondage “sévères” : momification, privation sensoriel, bâillon, cagoule, etc. aime les bondages efficaces et peut jouer sans safe word. Se soumet au bondage, pas au Maître.
- Bondage Enthusiast - aime le bondage en lui-même, se laisse attaché mais aime garder un certain contrôle, le type de bondage, la position et son esthétique sont souvent important pour lui, aime souvent être laissé seul et voit le dominant comme un égal avec qui jouer, scène souvent plus interactive et théatrale qu’avec le Loss of Control Lover, pratique l’auto-bondage.
- Gear Fetishist - s’intéresse d’abord à son fétiche dont la seule vue suffit à les “turn on”, peut aimer les scènes solitaires avec leur propre fétiche.
- Intensity Freak - cherche l’intensité sexuelle, une sorte de Saint-Graal du sexe, le bondage devient alors un moyen de rendre le sexe plus intense, le bondage est souvent qu’une des choses qui leur permettent de pimenter le sexe.
- Endorphin Pig - cherche le pic d’endorphine, typique de la douleur, le bondage est un moyen qui leur permet d’y parvenir.
dimanche 17 juin 2012
Douleur et cordes
Cela fait déjà plusieurs fois que je lis/parle avec des personnes qui associent bondage/shibari/cordes avec douleur...
Et j’avoue que cela me laisse perplexe...
Je me dis que je dois passer à côté d’un truc évident, vu que cela se répète.
Pourtant je n’associe en rien les cordes avec la douleur - attention, je parle bien des cordes, je ne parle pas d’y adjoindre d’autres jeux,encore que.
D’ailleurs, je ne recherche pas la douleur dans les cordes - ni jamais d’ailleurs, je n’aime pas la douleur, j’aime ce que je mets parfois dans la douleur dans certaines circonstances, c’est totalement différent à mon sens.
Ce que j’aime dans les cordes c’est La rencontre avec l’Autre, avec sa manière de passer les cordes, j’aime me plier à ses désirs, j’aime être dans un état de sur-vigilance à l’Autre pour anticiper les passages de cordes en les facilitant comme j’aime me laisser dériver dans les vagues de bercements que les cordes génèrent en moi, j’aime que l’Autre dispose de moi selon son désir par son jeu de cordes, j’aime m’en remettre à l’Autre en acceptant ses cordes sur moi. J’aime le lien qui s’établit entre nous avec les cordes, j’aime ce dialogue silencieux qui se noue parfois et qui tient pour moi d’une sorte de “magie”.
Une recherche esthétique ?
Une fois, j’ai eu la sensation véritable de participer à quelque chose de “beau” (notion toute subjective d’ailleurs) en sentant la manière dont les nœuds étaient placés.
C’est effectivement, une expérience dont je garde un bon souvenir, cette sorte de “prise de conscience” extérieure de soi, un peu comme certains psychotropes. C’est vrai que j’aime voir des photos de mes jeux de cordes, surtout parce que je décroche trop facilement et que j’ai toujours la sensation d’avoir raté quelque chose, par conséquent l’aspect esthétique des photos en question m’importe peu, c’est plutôt informatif.
Par contre, c’est clair que j’aime regarder de belles poses.
Mais de là à dire que c’est ma recherche, cela serait mentir.
Un dépassement de moi ?
Bof, un vieux côté “soumise-victime” me rend coupable à chaque fois que je stoppe un jeu de cordes pour une douleur persistante, un membre qui se refroidit trop, une crampe et j’en passe. Toujours tiraillée entre ma responsabilité de "rope bottom" et mon entêtement à vouloir bien faire, donc pour le côté “dépassement”, je pense que je surfe à la limite en permanence, assez pour avoir conscience que je dois me surveiller.
Pas ça, non plus.
Ma recherche de douleur ?
Ben, elle va loin, encore que j’aime pas parler en terme de recherche de douleur, puisque je n’aime pas avoir mal (cf plus haut). Mais, cela n’appartient pas aux cordes pour moi, sans dire que j’ai jamais mal dans les cordes (cf plus haut bis), cela n’est en aucun cas le but pour moi même si j’adore que mon encordeur serre fort, je n’y vois/ressens pas de douleur à proprement parler.
Non définitivement, je ne cherche ni performance, ni esthétique, ni douleur.
Je cherche l’Autre.
Je me dis que je dois passer à côté d’un truc évident, vu que cela se répète.
Pourtant je n’associe en rien les cordes avec la douleur - attention, je parle bien des cordes, je ne parle pas d’y adjoindre d’autres jeux,encore que.
D’ailleurs, je ne recherche pas la douleur dans les cordes - ni jamais d’ailleurs, je n’aime pas la douleur, j’aime ce que je mets parfois dans la douleur dans certaines circonstances, c’est totalement différent à mon sens.
Ce que j’aime dans les cordes c’est La rencontre avec l’Autre, avec sa manière de passer les cordes, j’aime me plier à ses désirs, j’aime être dans un état de sur-vigilance à l’Autre pour anticiper les passages de cordes en les facilitant comme j’aime me laisser dériver dans les vagues de bercements que les cordes génèrent en moi, j’aime que l’Autre dispose de moi selon son désir par son jeu de cordes, j’aime m’en remettre à l’Autre en acceptant ses cordes sur moi. J’aime le lien qui s’établit entre nous avec les cordes, j’aime ce dialogue silencieux qui se noue parfois et qui tient pour moi d’une sorte de “magie”.
Une recherche esthétique ?
Une fois, j’ai eu la sensation véritable de participer à quelque chose de “beau” (notion toute subjective d’ailleurs) en sentant la manière dont les nœuds étaient placés.
C’est effectivement, une expérience dont je garde un bon souvenir, cette sorte de “prise de conscience” extérieure de soi, un peu comme certains psychotropes. C’est vrai que j’aime voir des photos de mes jeux de cordes, surtout parce que je décroche trop facilement et que j’ai toujours la sensation d’avoir raté quelque chose, par conséquent l’aspect esthétique des photos en question m’importe peu, c’est plutôt informatif.
Par contre, c’est clair que j’aime regarder de belles poses.
Mais de là à dire que c’est ma recherche, cela serait mentir.
Un dépassement de moi ?
Bof, un vieux côté “soumise-victime” me rend coupable à chaque fois que je stoppe un jeu de cordes pour une douleur persistante, un membre qui se refroidit trop, une crampe et j’en passe. Toujours tiraillée entre ma responsabilité de "rope bottom" et mon entêtement à vouloir bien faire, donc pour le côté “dépassement”, je pense que je surfe à la limite en permanence, assez pour avoir conscience que je dois me surveiller.
Pas ça, non plus.
Ma recherche de douleur ?
Ben, elle va loin, encore que j’aime pas parler en terme de recherche de douleur, puisque je n’aime pas avoir mal (cf plus haut). Mais, cela n’appartient pas aux cordes pour moi, sans dire que j’ai jamais mal dans les cordes (cf plus haut bis), cela n’est en aucun cas le but pour moi même si j’adore que mon encordeur serre fort, je n’y vois/ressens pas de douleur à proprement parler.
Non définitivement, je ne cherche ni performance, ni esthétique, ni douleur.
Je cherche l’Autre.
dimanche 20 mai 2012
Bondage Jam
Ça se décide sur un coup de tête au milieu de mille quiproquos.
Mais vu que l’organisation vient d’A.S. et qu’il a largement parlé de « Bondage Jam » au
débriefe de la FIP, je suis confiante.
Évidement l’annonce de la présence de M. brouille un peu mes cartes, j’ai horreur de cette
sensation de bête traquée que ce genre de type me donne. Abusant de ma bonne éducation pour
profiter du fait que je ne leur mets pas directement mon poing dans la tronche quand c’est sans
doute ce que je ferais dans n’importe quel autre contexte.
Et c’est dans ces cas-là, que je déteste le protocole bdsm.
J’arrive rue Lechapelais sans vraiment avoir besoin de chercher. Sauf que le numéro 6 n’est pas en face de la salle comme je pensais. Même si c’est bien un des porches où je vois des centaines de types aller pisser à chaque soirée aux caves. Je finis mon joint et laisse passer un petit bonhomme devant moi. J’entre dans la salle : visages familiers : G., A., J., A.S., N., R., F. et sa copine, M., donc.
M. qui se la joue grossier, genre je n’avais même pas vu mais qui m’offrira quand même du vin après. N. qui manque de s’étrangler...
Je me pose sur un canapé avec un de chaque côté et je me dis que la soirée part du pire qu’elle pouvait partir...
Un flottement quelques paroles, et A.S. me fait un geste péremptoire comme il sait le faire. En s’avançant vers moi avec une corde à la main. Il attrape et tire mes bras en arrière sans ménagement. Fidèle à lui-même... Son jeu de cordes passe par mes épaules, il sert, je sens les cordes mordre là où il me reste quelques vagues traces. Puis il m’emmène à l’autre bout de la salle pour prendre d’autres cordes, toujours à sa manière de me télécommander dans les mouvements que j’adore. Et en lançant à la cantonade manifestement aussi surprise que moi : « ben quoi, on est là pour attacher ! ». M. arrive, à ce moment, son visage se ferme de suite malgré le sourire forcé qu’elle affiche. On se salue mais ça n’est pas ça. A.S. continue son jeu, attrape des cordes et me jette au sol.
Moment de grâce où nos regards se croisent, lui qui me téléguide avec les cordes et moi dans ma délicieuse panique, un sourire instantané qui prouve aux deux la complicité du jeu, quelque chose de tangible. Elle revient lui parler, je saisis mal dans mes vagues de cordes mais l’idée est de dire que ce qu’elle voit la rassure et A.S. de répondre un truc genre « tu vois bien ». Et je me demande si j’ai bien compris et si c’est bien le cas, c’est peut-être à moi de lui écrire pour pacifier la situation, au moins pour A.S. Lui expliquer qu’il n’y a que Lui qui se permet une telle familiarité avec moi, qu’il m’attache depuis 2 ans et qu’il a une sorte de respect mutuel dépourvu de toute ambiguïté dans ce jeu que je n’ai avec personne d’autre. Bizarrement à un moment, A.S. place quelque chose sous ma tête... Il ne fait jamais ça, ça m’étonne... Je me demande quel élément extérieur a bien pu lui amener un geste tellement incongru. Et je me laisse à profiter de mes cordes, les muscles qui se bandent et détaillent le dessin des cordes sur soi, mon cocon de spirale. Il me manipule en me tirant par les cheveux et je ressens presque physiquement la violence qui peut se dégager de nos jeux pour les autres.
Bizarrement à un autre moment, il est question d’envoyer un sms à Fab, drôle d’idée... Comment j’enverrais un sms avec les mains dans le dos et les jambes dans une sorte de hogtie... Finalement, les cordes tombent rapidement et malgré le « tu vois bien », il y a manifestement encore des choses à faire voir... Je me retrouve sur la touche avec des belles marques qui me donneraient envie de ronronner sur A.S..
G. apprend à passer des cordes sous la direction de R., si je connaissais le nom de mes figures, je saurais reconnaître ce qu’elle fait avant même qu’elle explique à la modèle que c’est une figure de base pour la suspension. Elle finit son premier passage de cordes et il est très critique. Il suggère qu’elle recommence « en aveugle ». Elle se rebiffe une fraction de seconde et prend le bandeau qu’il lui donne. Il lui passe sur les yeux, elle laisse échapper un petit geste d’agacement en plaçant correctement son oreille et recommence l’exercice.
Je n’aurais jamais pensé à ce genre d’exercice : passer des cordes en aveugle. Mais elle y gagne énormément. Une ampleur ronde et douce dans les mouvements, une précision plus exacte dans le placement et surtout une sur-attention à son modèle qu’elle n’avait pas quand elle voyait les cordes qui focalisaient son attention. Elle termine de placer ses cordes, et il lui frotte les cheveux dans un geste d’affection où sa fierté est lisible.
A.S. passe me désigner 2 ou 3 personnes en précisant que c’est des attacheurs sans modèle. Je vais me présenter et dis que je vais fumer et qu’après si un de ces messieurs... On me répond avec des oui très évasifs... Et je me pose dans un coin à regarder les différents jeux de cordes, je compte mes minutes et le temps s’étire.
A un moment, A. me fait un signe de venir rejoindre leur petit groupe. Et il me propose de m’attacher... L’homme aux cordes noires : bien sûr ! Un flottement où il me parle de lui faire confiance, que c’est seulement si je veux moi. Et je me demande comment il ne voit pas une telle évidence...
Il me touche un peu comme N. sans que ça soit exactement pareil. Mais je devine que c’est aussi sa façon de prendre contact. Il me parle de mon dos... No comment, résumer ça en quelques phrases...
J’élude et parle d’accidents de voiture, de hernie discale... C’est pas vraiment important, personne ne m’a jamais fait mal au dos avec des cordes sauf l’homme qui porte les femmes à bout à de bras.
Une fille me demande de répéter ce que je disais alors que je parlais à A., elle m’agace à venir dans ma bulle et je prends vraiment sur moi. Il prend mes mains sur le devant et les joints sur mon buste dans un geste très sage comme un signe de prière. Et continue en passant sur les épaules. Je me demande si c’est un « turn on » pour tout le monde, les cordes sur les bras, si chaque modèle a sa propre induction et si il y a des « grandes règles ».
Quelle douceur dans ses gestes... C’est toujours une découverte, une nouvelle rencontre, que de lire quelqu’un dans ses cordes. Il a des mouvements amples qui me font penser à ceux qu’avait G. juste avant et en même temps une douceur que je n’arrive pas à définir.
Il y a comme un calme serein dans sa manière de poser les cordes. C’est même une des premières choses qu’il me dit : « Tu peux dormir dans mes cordes . » Mais rien que l’idée me pétrifie... Déjà que je trouve que je décroche trop vite sans respect pour le travail de l’attacheur mais m’endormir... Je crois que j’en suffoquerais de honte si ça devait m’arriver...
Son jeu de corde me berce plus tranquillement que N., on ne sent pas le rush de stress/speed derrière, c’est peut-être juste mieux maîtrisé, qu’importe. Mais ça n’interfère pas.
J’entends de la musique que je n’avais pas entendu avant et elle est douce, comme ses mouvements, un moment, je me demande si il se calque sur le son tellement, il me semble que ces mouvements forme un tout avec la musique.
Les vagues des cordes m’emportent, je suis le rythme sûr et calme de ses mouvements, leur amplitude leur donne une certitude qui me parle. Il ne sert pas trop ses cordes mais il pousse les mouvements et ça me va aussi bien, du moment que je ressens la contrainte... Les vagues cessent rapidement de me ramener à la réalité. L’esprit prend son ampleur et se focalise sur L’instant.
J’aime sa manière de m’emmener, j’aime la précaution qu’il y a dans ses mouvements, dans sa manière d’anticiper mes propres mouvements. De caler mon pied entre ses jambes – cela me fait penser à G. en train de mordre la corde pour la tendre en repassant les mains sur les cordes pour retirer les plis.
Faire passer le jeu de cordes par autre chose que les mains lui donne un aspect plus global/entier qui me touche. Une sorte d’investissement total dans le jeu de cordes qui répond au mien.
Il pousse mes mouvements, me déplace avec précaution, et forme une vrai bulle autour de moi, le monde s’efface, la seule chose qui existe se sont ses mouvements doux qui m’entourent et dont je ressens l’existence sur moi avec les cordes.
Parfois, les cordes tombent et j’espère toujours qu’il ne s’agit pas de la fin du jeu et il me remmène dans un autre ailleurs où la chaleur qu’il dégage est centrale.
Et finalement sans avoir une conscience bien précise des choses, sans savoir si j’ai su rendre ce qui m’avait été donné. Les cordes tombent et je sens bien que c’est leur dernier passage. Le froid réflexe de la fin des cordes commencent à me gagner. Mais les mouvements restent si doux, si précautionneux qu’ils amortissent ma chute.
Jamais, on ne m’a laissé le temps de revenir comme ça...
Finalement, la dernière corde et le bandeau. La lumière, les yeux qui s’acclimatent, le monde qui reprend une vérité, les gens qui sont toujours là et qui percutent ma bulle de doux.
Je rebondis sur le speed d’après les cordes pour me lever, cela l’étonne. J’explique que si je ne profite pas de ces petites minutes de speed après les cordes pour rebondir autant allé me coucher. Physiologie particulière...
A. propose une cigarette, j’accepte et il revient avec du feu et deux cigarettes...
Même sans cordes, il est tout en attention...
Il pleut des cordes, j’ai froid, je fume vite, j’ai un train qui me talonne et pourtant je resterais bien plus longtemps mais si je me laisse 2 minutes, je me condamne à rater mon train...
Je pars comme une voleuse.
Sortir sous la pluie, courir dans les rues de Paris, s’emboucher dans le métro, regarder les indications horaires, calculer le temps de métro, croiser les doigts.
Monter dans le métro en continuant de calculer les probabilités d’avoir le train, sauter du métro, courir dans la gare déserte et monter dans le train, 2 minutes avant le départ...
Je savais bien que je n’avais pas le temps pour ces 2 minutes-là...
Et c’est dans ces cas-là, que je déteste le protocole bdsm.
J’arrive rue Lechapelais sans vraiment avoir besoin de chercher. Sauf que le numéro 6 n’est pas en face de la salle comme je pensais. Même si c’est bien un des porches où je vois des centaines de types aller pisser à chaque soirée aux caves. Je finis mon joint et laisse passer un petit bonhomme devant moi. J’entre dans la salle : visages familiers : G., A., J., A.S., N., R., F. et sa copine, M., donc.
M. qui se la joue grossier, genre je n’avais même pas vu mais qui m’offrira quand même du vin après. N. qui manque de s’étrangler...
Je me pose sur un canapé avec un de chaque côté et je me dis que la soirée part du pire qu’elle pouvait partir...
Un flottement quelques paroles, et A.S. me fait un geste péremptoire comme il sait le faire. En s’avançant vers moi avec une corde à la main. Il attrape et tire mes bras en arrière sans ménagement. Fidèle à lui-même... Son jeu de cordes passe par mes épaules, il sert, je sens les cordes mordre là où il me reste quelques vagues traces. Puis il m’emmène à l’autre bout de la salle pour prendre d’autres cordes, toujours à sa manière de me télécommander dans les mouvements que j’adore. Et en lançant à la cantonade manifestement aussi surprise que moi : « ben quoi, on est là pour attacher ! ». M. arrive, à ce moment, son visage se ferme de suite malgré le sourire forcé qu’elle affiche. On se salue mais ça n’est pas ça. A.S. continue son jeu, attrape des cordes et me jette au sol.
Moment de grâce où nos regards se croisent, lui qui me téléguide avec les cordes et moi dans ma délicieuse panique, un sourire instantané qui prouve aux deux la complicité du jeu, quelque chose de tangible. Elle revient lui parler, je saisis mal dans mes vagues de cordes mais l’idée est de dire que ce qu’elle voit la rassure et A.S. de répondre un truc genre « tu vois bien ». Et je me demande si j’ai bien compris et si c’est bien le cas, c’est peut-être à moi de lui écrire pour pacifier la situation, au moins pour A.S. Lui expliquer qu’il n’y a que Lui qui se permet une telle familiarité avec moi, qu’il m’attache depuis 2 ans et qu’il a une sorte de respect mutuel dépourvu de toute ambiguïté dans ce jeu que je n’ai avec personne d’autre. Bizarrement à un moment, A.S. place quelque chose sous ma tête... Il ne fait jamais ça, ça m’étonne... Je me demande quel élément extérieur a bien pu lui amener un geste tellement incongru. Et je me laisse à profiter de mes cordes, les muscles qui se bandent et détaillent le dessin des cordes sur soi, mon cocon de spirale. Il me manipule en me tirant par les cheveux et je ressens presque physiquement la violence qui peut se dégager de nos jeux pour les autres.
Bizarrement à un autre moment, il est question d’envoyer un sms à Fab, drôle d’idée... Comment j’enverrais un sms avec les mains dans le dos et les jambes dans une sorte de hogtie... Finalement, les cordes tombent rapidement et malgré le « tu vois bien », il y a manifestement encore des choses à faire voir... Je me retrouve sur la touche avec des belles marques qui me donneraient envie de ronronner sur A.S..
G. apprend à passer des cordes sous la direction de R., si je connaissais le nom de mes figures, je saurais reconnaître ce qu’elle fait avant même qu’elle explique à la modèle que c’est une figure de base pour la suspension. Elle finit son premier passage de cordes et il est très critique. Il suggère qu’elle recommence « en aveugle ». Elle se rebiffe une fraction de seconde et prend le bandeau qu’il lui donne. Il lui passe sur les yeux, elle laisse échapper un petit geste d’agacement en plaçant correctement son oreille et recommence l’exercice.
Je n’aurais jamais pensé à ce genre d’exercice : passer des cordes en aveugle. Mais elle y gagne énormément. Une ampleur ronde et douce dans les mouvements, une précision plus exacte dans le placement et surtout une sur-attention à son modèle qu’elle n’avait pas quand elle voyait les cordes qui focalisaient son attention. Elle termine de placer ses cordes, et il lui frotte les cheveux dans un geste d’affection où sa fierté est lisible.
A.S. passe me désigner 2 ou 3 personnes en précisant que c’est des attacheurs sans modèle. Je vais me présenter et dis que je vais fumer et qu’après si un de ces messieurs... On me répond avec des oui très évasifs... Et je me pose dans un coin à regarder les différents jeux de cordes, je compte mes minutes et le temps s’étire.
A un moment, A. me fait un signe de venir rejoindre leur petit groupe. Et il me propose de m’attacher... L’homme aux cordes noires : bien sûr ! Un flottement où il me parle de lui faire confiance, que c’est seulement si je veux moi. Et je me demande comment il ne voit pas une telle évidence...
Il me touche un peu comme N. sans que ça soit exactement pareil. Mais je devine que c’est aussi sa façon de prendre contact. Il me parle de mon dos... No comment, résumer ça en quelques phrases...
J’élude et parle d’accidents de voiture, de hernie discale... C’est pas vraiment important, personne ne m’a jamais fait mal au dos avec des cordes sauf l’homme qui porte les femmes à bout à de bras.
Une fille me demande de répéter ce que je disais alors que je parlais à A., elle m’agace à venir dans ma bulle et je prends vraiment sur moi. Il prend mes mains sur le devant et les joints sur mon buste dans un geste très sage comme un signe de prière. Et continue en passant sur les épaules. Je me demande si c’est un « turn on » pour tout le monde, les cordes sur les bras, si chaque modèle a sa propre induction et si il y a des « grandes règles ».
Quelle douceur dans ses gestes... C’est toujours une découverte, une nouvelle rencontre, que de lire quelqu’un dans ses cordes. Il a des mouvements amples qui me font penser à ceux qu’avait G. juste avant et en même temps une douceur que je n’arrive pas à définir.
Il y a comme un calme serein dans sa manière de poser les cordes. C’est même une des premières choses qu’il me dit : « Tu peux dormir dans mes cordes . » Mais rien que l’idée me pétrifie... Déjà que je trouve que je décroche trop vite sans respect pour le travail de l’attacheur mais m’endormir... Je crois que j’en suffoquerais de honte si ça devait m’arriver...
Son jeu de corde me berce plus tranquillement que N., on ne sent pas le rush de stress/speed derrière, c’est peut-être juste mieux maîtrisé, qu’importe. Mais ça n’interfère pas.
J’entends de la musique que je n’avais pas entendu avant et elle est douce, comme ses mouvements, un moment, je me demande si il se calque sur le son tellement, il me semble que ces mouvements forme un tout avec la musique.
Les vagues des cordes m’emportent, je suis le rythme sûr et calme de ses mouvements, leur amplitude leur donne une certitude qui me parle. Il ne sert pas trop ses cordes mais il pousse les mouvements et ça me va aussi bien, du moment que je ressens la contrainte... Les vagues cessent rapidement de me ramener à la réalité. L’esprit prend son ampleur et se focalise sur L’instant.
J’aime sa manière de m’emmener, j’aime la précaution qu’il y a dans ses mouvements, dans sa manière d’anticiper mes propres mouvements. De caler mon pied entre ses jambes – cela me fait penser à G. en train de mordre la corde pour la tendre en repassant les mains sur les cordes pour retirer les plis.
Faire passer le jeu de cordes par autre chose que les mains lui donne un aspect plus global/entier qui me touche. Une sorte d’investissement total dans le jeu de cordes qui répond au mien.
Il pousse mes mouvements, me déplace avec précaution, et forme une vrai bulle autour de moi, le monde s’efface, la seule chose qui existe se sont ses mouvements doux qui m’entourent et dont je ressens l’existence sur moi avec les cordes.
Parfois, les cordes tombent et j’espère toujours qu’il ne s’agit pas de la fin du jeu et il me remmène dans un autre ailleurs où la chaleur qu’il dégage est centrale.
Et finalement sans avoir une conscience bien précise des choses, sans savoir si j’ai su rendre ce qui m’avait été donné. Les cordes tombent et je sens bien que c’est leur dernier passage. Le froid réflexe de la fin des cordes commencent à me gagner. Mais les mouvements restent si doux, si précautionneux qu’ils amortissent ma chute.
Jamais, on ne m’a laissé le temps de revenir comme ça...
Finalement, la dernière corde et le bandeau. La lumière, les yeux qui s’acclimatent, le monde qui reprend une vérité, les gens qui sont toujours là et qui percutent ma bulle de doux.
Je rebondis sur le speed d’après les cordes pour me lever, cela l’étonne. J’explique que si je ne profite pas de ces petites minutes de speed après les cordes pour rebondir autant allé me coucher. Physiologie particulière...
A. propose une cigarette, j’accepte et il revient avec du feu et deux cigarettes...
Même sans cordes, il est tout en attention...
Il pleut des cordes, j’ai froid, je fume vite, j’ai un train qui me talonne et pourtant je resterais bien plus longtemps mais si je me laisse 2 minutes, je me condamne à rater mon train...
Je pars comme une voleuse.
Sortir sous la pluie, courir dans les rues de Paris, s’emboucher dans le métro, regarder les indications horaires, calculer le temps de métro, croiser les doigts.
Monter dans le métro en continuant de calculer les probabilités d’avoir le train, sauter du métro, courir dans la gare déserte et monter dans le train, 2 minutes avant le départ...
Je savais bien que je n’avais pas le temps pour ces 2 minutes-là...
lundi 12 décembre 2011
Lâcher-prise
Tu parles de "lâcher-prise hyper actif" et je comprends mal.
De toute façon, déjà cette idée de "lâcher-prise" me dépasse un peu en fait.
On m'en parle tout le temps du mien sauf que je vois pas où il est.
Quand je passe un contrat moral avec une personne (attacheur, dominant, etc.), j'accepte implicitement ce contrat, ça serait idiot de résister après ! ça serait comme renier ce contrat moral.
Est-ce que finalement ce que tout le monde qualifie de lâcher-prise n'est pas ce que j'appelle "confiance" ?
Et même si c'est ça, elle a quoi ma confiance ?
je la donne "trop" ? mais la confiance c'est comme l'amour, ça n'est jamais "trop", c'est total et absolu certes mais y'a pas de notion de "trop" là-dedans.
Du coup, je comprends mal cette idée d'hyper-actif, même si je peux comprendre que vu ce que tu es, tu travailles sur la confiance.
Quand à la découverte de l'autre dans les cordes, par ses cordes, c'est étonnant pour moi, je crois que je n'ai aucune expérience comparable sauf peut-être la moto. Mais le lien entre le motard et son passager mais ça n'a aucune commune mesure avec l'intensité de ce que les cordes livrent.
Et puis surtout, je crois quelque part que si les attacheurs soupçonnaient que les modèles puissent lire à livre ouvert en eux comme ça, ils n'attacheraient pas en public avec des inconnues.
Et d'ailleurs, ayant moi-même conscience de cette possibilité, je me livre assez peu publiquement comparativement à l'intimité - même si mes limites en termes d'intimité sont "anormalement" éloignées des vôtres.
[...]
Je n'aurais pas parlé spontanément de "mouvement complet" mais je comprends à quoi tu fais référence. Mais justement, j'attribue plus ce type de mouvements à A.S., il pratique presque toujours un ensemble de poses avec moi qui aboutissent à ce que tu appelles un mouvement complet - debout - par terre - suspendue - etc.
Avec toi, j'ai plus l'habitude de travailler sur une pose, par exemple tu me suspends puis tu modifies la pose subtilement par touche sans en changer globalement.
En tout cas, c'est mon ressenti.
Extraits de correspondance.
De toute façon, déjà cette idée de "lâcher-prise" me dépasse un peu en fait.
On m'en parle tout le temps du mien sauf que je vois pas où il est.
Quand je passe un contrat moral avec une personne (attacheur, dominant, etc.), j'accepte implicitement ce contrat, ça serait idiot de résister après ! ça serait comme renier ce contrat moral.
Est-ce que finalement ce que tout le monde qualifie de lâcher-prise n'est pas ce que j'appelle "confiance" ?
Et même si c'est ça, elle a quoi ma confiance ?
je la donne "trop" ? mais la confiance c'est comme l'amour, ça n'est jamais "trop", c'est total et absolu certes mais y'a pas de notion de "trop" là-dedans.
Du coup, je comprends mal cette idée d'hyper-actif, même si je peux comprendre que vu ce que tu es, tu travailles sur la confiance.
Quand à la découverte de l'autre dans les cordes, par ses cordes, c'est étonnant pour moi, je crois que je n'ai aucune expérience comparable sauf peut-être la moto. Mais le lien entre le motard et son passager mais ça n'a aucune commune mesure avec l'intensité de ce que les cordes livrent.
Et puis surtout, je crois quelque part que si les attacheurs soupçonnaient que les modèles puissent lire à livre ouvert en eux comme ça, ils n'attacheraient pas en public avec des inconnues.
Et d'ailleurs, ayant moi-même conscience de cette possibilité, je me livre assez peu publiquement comparativement à l'intimité - même si mes limites en termes d'intimité sont "anormalement" éloignées des vôtres.
[...]
Je n'aurais pas parlé spontanément de "mouvement complet" mais je comprends à quoi tu fais référence. Mais justement, j'attribue plus ce type de mouvements à A.S., il pratique presque toujours un ensemble de poses avec moi qui aboutissent à ce que tu appelles un mouvement complet - debout - par terre - suspendue - etc.
Avec toi, j'ai plus l'habitude de travailler sur une pose, par exemple tu me suspends puis tu modifies la pose subtilement par touche sans en changer globalement.
En tout cas, c'est mon ressenti.
Extraits de correspondance.
samedi 12 novembre 2011
mardi 11 octobre 2011
Comme un bad de cordes
C'est comme si je me tapais une des pires descentes de ma vie.
Cela m'a pris hier soir avec des envies de me flinguer, des visions de pendaisons - je pense en images comme j'ai une mémoire visuelle.
Et ça continue ce matin, hier, je savais pas bien mais là, il y a ces palpitations typiques, cette espèce de nervosité agaçante, cette incapacité totale à tout sauf aux automatismes.
Cette sensation papillonnante dans le haut du dos comme un voile d'irréel.
Ces tremblements dans les mains, cette espèce de tremblement de soi, j'ai même envie de boire c'est dire.
Le truc c'est de reconnaître, après, quand on sait que c'est une descente, on sait que ça va forcément s'arrêter, tout est question de patience.
Même si, même en reconnaissant ça m'angoisse toujours, je pense que c'est l'esprit qui prend le pas sur le rationnel et qui amplifie tout pour me ramener à d'autres automatismes.
D'ailleurs rien que le fait que je sois capable d'en parler c'est plutôt positif tu me diras.
[...]
C'est sûr que moi, en descente, je peux me taper la piste noire ^^
Cela fait parti du deal, tout se paye, le Bon se paye avec une descente, c'est comme ça, che la vita. Juste que je n'avais jamais expérimenté cela sans béquille chimique, ou autre privation extrême de sommeil voir même expérience charnelle intense.
Quand à gérer une descente, pas 50 000 solutions soit tu peux dormir, soit tu peux remonter, soit tu dois te contenter des trucs automatiques en faisanr illusion en attendant que ça passe.
[...]
Je me tape une descente vraiment pas sympa et en plus, ce n’est même pas vraiment une descente puisque je sais bien que je n’ai rien pris…
Tremblements, nerfs à vifs, pensées désordonnées, fatigue intense, on dirait que j’ai pris un mauvais X…
Logiquement, je relie ça à la dernière soirée. Plus j’y repense plus je me dis que j’aurais dû aller m’isoler quelque part tranquillement plutôt que de rebondir – mal – sur le speed d’après.
Extrait de correspondance.
Cela m'a pris hier soir avec des envies de me flinguer, des visions de pendaisons - je pense en images comme j'ai une mémoire visuelle.
Et ça continue ce matin, hier, je savais pas bien mais là, il y a ces palpitations typiques, cette espèce de nervosité agaçante, cette incapacité totale à tout sauf aux automatismes.
Cette sensation papillonnante dans le haut du dos comme un voile d'irréel.
Ces tremblements dans les mains, cette espèce de tremblement de soi, j'ai même envie de boire c'est dire.
Le truc c'est de reconnaître, après, quand on sait que c'est une descente, on sait que ça va forcément s'arrêter, tout est question de patience.
Même si, même en reconnaissant ça m'angoisse toujours, je pense que c'est l'esprit qui prend le pas sur le rationnel et qui amplifie tout pour me ramener à d'autres automatismes.
D'ailleurs rien que le fait que je sois capable d'en parler c'est plutôt positif tu me diras.
[...]
C'est sûr que moi, en descente, je peux me taper la piste noire ^^
Cela fait parti du deal, tout se paye, le Bon se paye avec une descente, c'est comme ça, che la vita. Juste que je n'avais jamais expérimenté cela sans béquille chimique, ou autre privation extrême de sommeil voir même expérience charnelle intense.
Quand à gérer une descente, pas 50 000 solutions soit tu peux dormir, soit tu peux remonter, soit tu dois te contenter des trucs automatiques en faisanr illusion en attendant que ça passe.
[...]
Je me tape une descente vraiment pas sympa et en plus, ce n’est même pas vraiment une descente puisque je sais bien que je n’ai rien pris…
Tremblements, nerfs à vifs, pensées désordonnées, fatigue intense, on dirait que j’ai pris un mauvais X…
Logiquement, je relie ça à la dernière soirée. Plus j’y repense plus je me dis que j’aurais dû aller m’isoler quelque part tranquillement plutôt que de rebondir – mal – sur le speed d’après.
Extrait de correspondance.
samedi 8 octobre 2011
Projet “vision trigonométrique”
Tout est une question de choix : il est plus facile de penser la vie ainsi et de nous donner une sorte d’incidence dans la manière dont elle s’écoule.
Malgré tout, la plupart du temps, elle choisit pour nous, des circonstances, qui donnent ou non leur devenir aux opportunités. A une agression de contrôleur prêt, cette opportunité aurait pu ne pas exister. Mais certaines rencontres ont quelque chose d’inéluctable, où tout s’inscrit dans la patiente certitude que les choses seront.
Deux ronds blancs dans une nuit d’octobre s’avancent dans la lumière blafarde d’un quai de gare aux allures de gare fantôme. Guetter les visages et chercher à reconnaître celui que l’on attend.
Instants flous de retrouvailles où deux chemins se mêlent, s’emmêlent et finalement se partage le même parcours.
Trouver ses marques et dépasser l’instinctif du ressenti pour aller vers l’autre, arracher un peu de soi. Laisser s’écouler les mots dans le rythme engourdi de la nuit : partager, échanger et avancer vers l’autre, dans la construction de l’estime qui crée la confiance indispensable au projet.
Poser les jalons d’un respect mutuel qui fera naître cette hydre à 3 têtes qu’est notre vision trigonométrique : trois mesures d’une même vue du kinbaku.
Le bruit strident d’un réveil.
Une grise matinée d’automne et la détermination sûre de notre triade. Un saut de puce en voiture, la contextualisation s’est faite en amont, via mail : les restes d’une caserne abandonnée depuis plus de 10 ans.
Présentation des lieux, soif typique de l’UrbEx : voir plus, le virus inhérent aux lieux abandonnés. C’est toujours difficile de se poser d’abord, dans ce genre d’endroit, il faut impérieusement explorer avant de finalement revenir sur ses pas et prendre les marques nécessaires aux premières prises de vue.
Quelque chose qui tient à la fois des vieilles peurs primales pour vérifier la quiétude d’un refuge et à la fois de la curiosité enfantine qui espère toujours trouver une sorte de trésor. Le lieu s’explore, s’inspecte et se dévoile, parle de lui-même, raconte son histoire.
Les volumes se découvrent, les décors s’enchaînent et notre propre histoire trouve sa place en surimpression.
Retour au calme du Mess des officiers, un peu à l’écart, paisiblement entouré d’un jardin où une nature exubérante reprend ses droits.
L’entrée se fait par un escalier qui grimpe sous une pergola couverte de feuilles mortes, puis débouche dans les restes d’un jardinet et une entrée condamnée sciée par les voleurs de métaux.
Le lieu est énormément saccagé, il reste même des traces d’incendie au premier étage.
Une enfilade de deux grandes pièces, des éclats de mobiliers et divers gravats, des fenêtres de toutes parts qui donnent sur le jardin perdu. Ce sera ici.
Prise de contact, il me palpe à ces endroits-clefs d’une philosophie orientale dont je suis bien ignorante. Comme un ostéopathe, il appuie par pression à divers endroits en attardant son geste comme on prend un pouls. Une petite manipulation presque instinctive qui replace une thoracique capricieuse. Et il avance vers ses cordes, enfin le nœud du sujet.
Premier passage net et définitif sur mes bras, c’est sans concession chez moi, une sorte de switch automatique. Il le sait, je sais que je lui ai déjà écrit (décrit ?) mais je sais aussi qu’à ce moment-là, la seule partie de lui qui s’en souvient peut-être c’est son inconscient.
Et c’est toujours troublant d’avoir cette lecture de l’autre quand il n’en a pas forcément conscience. Il saisit ma main droite et la fixe dans mon dos. Là encore, le geste se confond dans le ressenti d’automatismes en moi. Et je dois finalement terminer cette réflexion sur ces automatismes forts liés à la contrainte des bras chez moi.
L’esprit m’impose le souvenir enfantin de ces scènes de westerns si classiques dont une particulièrement dont la netteté des détails est un aveu en soi. Le contraste est fort quelque part de constater que malgré certains épisodes de ma vie où la contrainte ne participait pas d’un idéal érotique, elle ne s’est jamais manifestée sur les bras.
Une sorte de territoire abandonné à la virginité candide de l’enfance.
A l’évidence, il convient de revoir mes automatismes sous cet angle de vue très éclairant. Mais ces réflexions après coup sont tout-à-fait hors topic.
Au moment T, la seule chose évidente c’est cette contrainte réelle sur mes bras, c’est cette main tirée en arrière, c’est ses cordes que je peux ressentir dans la plénitude de l’entièreté quand je bande mes muscles pour prendre une profonde inspiration.
Ce qui m’impressionne toujours avec N., c’est sa rapidité. Il y a toujours une sorte d’urgence dans ces gestes pour passer les cordes, quelque chose de l’impériosité du peintre qui matérialise son oeuvre.
Il prend mon autre main et la place sur mon torse.
Toujours cette asymétrie qu’il affectionne. C’est le premier genre de pose où il m’a attachée avec la main gauche qui revient d’une manière ou d’une autre sur le torse comme en figure de protection. Amusant quand on connaît le symbolisme attaché à la main gauche.
Puis il commence enfin son véritable jeu de cordes, la touche qui donne à ses cordes leur particularité propre, cette façon de tisser les cordes qui lui est toute personnelle. Il joue de ma main, de mes doigts, passant un entrelacement complexe de cordes entre chacun d’eux. Pour continuer son passage de cordes sur mes hanches. J’aime cet équilibre qu’il donne avec ses liens entre le haut de chacun de mes membres, ça crée une sorte d’unité dans la contrainte, une touche de finalité toute en subtilité délicate.
Le jeu de cordes s’arrête, le frôlement caressant du papillon qui caractérise ses mouvements se paralyse dans le temps.
La distance de l’absence se ressent physiquement malgré le cocon de cordes. Les sens s’aiguisent pour pallier à l’absence et chaque bruit prend une ampleur démesurée. Les appareils photos qui fonctionnent me sont inconnus et je ne sais pas identifier lequel émet quel bruit, j’entends des bruissements de pas ou au contraire une buttée involontaire dans les gravats, le champs des oiseaux dans le jardin omniprésent, une sorte de spirale de bruits qui se répondent dans un écho sans fin.
La caresse du vent sur ma nuque nue, la délicate brise frissonnante qui me hérisse la peau et s’infiltre au plus intime de moi par le relais d’un frisson qui me possède plus à chaque souffle.
Une suite de bruits fracassants quelque part devant moi et les cordes qui tombent me rappellent à la réalité où le froid devient obsédant.
Je couvre d'emblée ma nuque avec ma capuche.
Et devant moi à l’endroit du bruit, je vois un point d’appui dans l’alignement du couloir.
Cette fois, il prend mes avant-bras et les lient sur le devant dans un entrelacement d’une symétrie exacte, une autre façon de tisser... Puis les fixent sur son point d’appui, l’évidence de me reposer sur ses mains jointes, l’instinct de me cacher derrière, penche ma tête vers mes mains avec en surimpression la sensation d’orienter définitivement la manière dont s’agencera ce jeux de nœuds.
Et même si il repart de mes chevilles pour me dessiner dans un cocon de cordes, c’est une évidence absolue, presque attendue du moins entendue quand je sens les cordes se positionner sur ma tête la solidarisant à mes mains jointes.
Et je trouve une autre dimension à son jeu de cordes, une dimension dont il m’avait parlé et que j’avais mal saisi où il était question de s’adapter aussi au modèle. C’est une réalité tangible à cet instant précis.
Puis de nouveau la sensation d’éloignement, les bruits de mouvements. Le doux ronron d’une situation connue et le froid ont raison de moi. Je sais que je m’assoupis une microseconde, juste assez pour avoir la conscience de me réveiller. Bander les muscles, sentir les cordes m’habiller. De nouveau, la proximité d’une présence et les cordes qui tombent.
Sauf les derniers liens sur mes poignets. S'enchaîne une suite de poses comme un exercice de style de jeux à une corde. Et la brûlure glaciale du froid reprend ses droits au moment où la dernière corde tombe. Le froid est impérieux et m’épuise.
Je dois finalement avouer ma limite. Et l’optique d’une boisson chaude nous ramène en des lieux habités.
Debrief de la matinée, je crois qu’on m’interroge déjà sur mes impressions mais je ne sais pas verbaliser quand je suis trop dans l’instant.
J’ai besoin de laisser les choses faire leur chemin en moi, retrouver le fil des souvenirs et démêler les émotions.
Visionnage des clichés, satisfaction du rendu des deux visions, petite promenade de mise en appétit, repas et retour sur les lieux du délit.
Cette fois, c’est en direction des caves que nous allons, immenses caves où courent d’énormes tuyauteries. J’aime passionnément leur esthétique industrielle, j’aime leur obscurité, j’aime leur dédale serpentant sous le bâtiment. Je crois que c’est l’endroit que je préfère dans ce lieu, quelque part.
Un puit de lumière dans l’ombre, N. sort ses cordes rouges.
Notre premier jeu de cordes avait des cordes rouges. Il commence la mise en place, toujours cette sensation de rapidité et cocon enveloppant. Je décroche vite, trop vite et je n’ai que des souvenirs flous en forme d’écho, les éclats de voix d’enfants jouant à proximité, l’éclat du flash du spot, les éclats de lumière d’un briquet qui s’allume.
Et finalement l’éclat de la voix de mon autre moi qui complimente ce qu’il voit. Mes mains sont liées sur le devant dans une posture trop proche de celles des menottes pour que je vive vraiment cela comme une contrainte mais mon buste est enveloppé d’un cocon de cordes qui permet de me maintenir au point d’appui où mon pied est aussi fixé.
Le berceau des cordes est à peine perceptible mais d’amples mouvements de respiration l’anime d’un balancement à subtil et tellement réconfortant. Le temps se suspend et m’échappe.
Puis de nouveau, la sensation d’une présence, les cordes qui se délient, mon pied rejoint le sol mais les cordes restent sur mon buste.
Et changeant mon pied d’appui, il suspend l’autre vers l’avant. De nouveau, un profond sentiment de dérive en soi dans l’étreinte charnelle des cordes et l’intimité sécurisante de l’obscurité. Le temps s’échappe et me suspend.
Un bruit derrière moi, un frôlement de papillon qui saisit mon visage dans une force d’émotion dont l’intensité me saisit.
Les cordes se font plus lâches, une main les délient, la réalité se retisse en sens inverse.
Tout s’efface pour ne rester qu’un souvenir figé dans une image, le propre de l’art éphémère n’exister qu’ici et maintenant avec l’unique et l’instantanéité du moment présent.
Je crois que je me frotte les yeux, c’est toujours rustre le contact avec la réalité.
Nous reprenons notre exploration, je ne sais pas bien où nous allons mais j’ai beaucoup moins froid que le matin. Et c’est une croisée de couloir qui devient notre prochaine étape avec trou habilement placé sur une poutre porteuse.
N. installe un point d’appui et repart rapidement chercher un mousqueton oublié dans les sous-sols. De nouveau, il m’entraîne dans sa toile d’homme-araignée. Facilitant d’autant ma dérive qu’il lie mes bras d’abord. J’essaye de me maintenir dans un semblant de veille, le point d’appui que j’ai vu ressemble à une suspension.
Mais, je suis encore dans l’état propice de la fois d’avant. Je ne reprends vraiment conscience des choses que lorsque que je bascule en heurtant légèrement l’encadrure de porte.
J’ai la pensée idiote de me dire que j’aurais dû mettre mes mains et c’est seulement après que je devine qu’elles sont liées. Il me cale finalement avec une autre corde pour arrêter le balancement.
Et la posture s’épanouit d’elle-même.
Je ne sais toujours pas identifier lequel émet les bruits mais le déclenchement des appareils comme leur manière de bouger me sont désormais assez familiers pour qu’ils ne me maintiennent plus en alerte. La sensation d'apesanteur de la suspension termine de me dériver dans un ailleurs où le temps s’oublie. Les limites du corps me rattrape, je sais que j’émets un mouvement réflexe pour détendre un muscle, une sorte de micro-mouvement, un bruissement de soi, que N. remarque de suite, se matérialisant prêt de moi par cette présence encordante tellement caractéristique.
Les cordes se détendent et en une fraction de seconde, le vague inconfort s’est évanoui.
Des instants fondateurs de confiance qui construisent une relation. Comme si il lisait en moi, il reprend son jeu de cordes dans une autre direction.
Il me suspend par l’avant. Je penche la tête vers les cordes par automatisme pendant qu’il suspend mes jambes. La sensation de cocon est encore plus évidente dans cette posture de suspension. J’ai la sensation d’être dans un oeuf recroquevillée sur moi-même. Le bercement des cordes m’oublie, l’infini se semble vouloir se suspendre. Quand il saisit mes cheveux - référent personnel hautement intime - place ses cordes dessus et les utilisent pour fixer ma tête en arrière.
Spirale de moi-même, montée de dérive d’autant plus forte qu’elle s’était interrompue avec une sorte de violence. Je ne sens plus les cordes, j’appartiens à ce qu’elles sont dans une unicité qui n’est que l’évidence la plus totale.
L’éternité s’arrache à l’infini et de nouveau, je suis la limite de moi-même.
Encore un mouvement réflexe pour déglutir qui entraîne automatiquement l’arrêt immédiat de la contrainte. Les cordes tombent mais je n’en ai pas le souvenir, tout est flou.
Juste la proximité de N. et sa voix encordante : “ça a mis presque un an mais on a trouvé ta position”. Je ne sais pas bien de quoi il parle, c’est important pour lui alors acquiesce.
L’important pour moi à ce moment précis c’est qu’il souhaite continuer de me prendre dans ses cordes.
Il range ses affaires, il a manifestement autant de mal que moi à recoller à la réalité et moi, je n’y arriverais jamais vraiment du reste de la journée.
La charge émotionnelle de ses expériences nous a tous épuisé malgré notre satisfaction. un courant de sympathie et de respect mutuel nous anime tous et c’est sans doute le plus beau résultat que nous pouvions espérer.
Une journée en forme de parenthèse dans des vies qui veulent se penser différemment et où l’expression de l’émotion reste comme une ligne de conduite.
La même journée/galerie par un autre œil.
Crédits : Cordes & photos couleurs par Yoroi (http://yoroi-shibari.net/) - photo N&B par Fab Crobard
Malgré tout, la plupart du temps, elle choisit pour nous, des circonstances, qui donnent ou non leur devenir aux opportunités. A une agression de contrôleur prêt, cette opportunité aurait pu ne pas exister. Mais certaines rencontres ont quelque chose d’inéluctable, où tout s’inscrit dans la patiente certitude que les choses seront.
Deux ronds blancs dans une nuit d’octobre s’avancent dans la lumière blafarde d’un quai de gare aux allures de gare fantôme. Guetter les visages et chercher à reconnaître celui que l’on attend.
Instants flous de retrouvailles où deux chemins se mêlent, s’emmêlent et finalement se partage le même parcours.
Trouver ses marques et dépasser l’instinctif du ressenti pour aller vers l’autre, arracher un peu de soi. Laisser s’écouler les mots dans le rythme engourdi de la nuit : partager, échanger et avancer vers l’autre, dans la construction de l’estime qui crée la confiance indispensable au projet.
Poser les jalons d’un respect mutuel qui fera naître cette hydre à 3 têtes qu’est notre vision trigonométrique : trois mesures d’une même vue du kinbaku.
Le bruit strident d’un réveil.
Une grise matinée d’automne et la détermination sûre de notre triade. Un saut de puce en voiture, la contextualisation s’est faite en amont, via mail : les restes d’une caserne abandonnée depuis plus de 10 ans.
Présentation des lieux, soif typique de l’UrbEx : voir plus, le virus inhérent aux lieux abandonnés. C’est toujours difficile de se poser d’abord, dans ce genre d’endroit, il faut impérieusement explorer avant de finalement revenir sur ses pas et prendre les marques nécessaires aux premières prises de vue.
Quelque chose qui tient à la fois des vieilles peurs primales pour vérifier la quiétude d’un refuge et à la fois de la curiosité enfantine qui espère toujours trouver une sorte de trésor. Le lieu s’explore, s’inspecte et se dévoile, parle de lui-même, raconte son histoire.
Les volumes se découvrent, les décors s’enchaînent et notre propre histoire trouve sa place en surimpression.
Retour au calme du Mess des officiers, un peu à l’écart, paisiblement entouré d’un jardin où une nature exubérante reprend ses droits.
L’entrée se fait par un escalier qui grimpe sous une pergola couverte de feuilles mortes, puis débouche dans les restes d’un jardinet et une entrée condamnée sciée par les voleurs de métaux.
Le lieu est énormément saccagé, il reste même des traces d’incendie au premier étage.
Une enfilade de deux grandes pièces, des éclats de mobiliers et divers gravats, des fenêtres de toutes parts qui donnent sur le jardin perdu. Ce sera ici.
Prise de contact, il me palpe à ces endroits-clefs d’une philosophie orientale dont je suis bien ignorante. Comme un ostéopathe, il appuie par pression à divers endroits en attardant son geste comme on prend un pouls. Une petite manipulation presque instinctive qui replace une thoracique capricieuse. Et il avance vers ses cordes, enfin le nœud du sujet.
Premier passage net et définitif sur mes bras, c’est sans concession chez moi, une sorte de switch automatique. Il le sait, je sais que je lui ai déjà écrit (décrit ?) mais je sais aussi qu’à ce moment-là, la seule partie de lui qui s’en souvient peut-être c’est son inconscient.
Et c’est toujours troublant d’avoir cette lecture de l’autre quand il n’en a pas forcément conscience. Il saisit ma main droite et la fixe dans mon dos. Là encore, le geste se confond dans le ressenti d’automatismes en moi. Et je dois finalement terminer cette réflexion sur ces automatismes forts liés à la contrainte des bras chez moi.
L’esprit m’impose le souvenir enfantin de ces scènes de westerns si classiques dont une particulièrement dont la netteté des détails est un aveu en soi. Le contraste est fort quelque part de constater que malgré certains épisodes de ma vie où la contrainte ne participait pas d’un idéal érotique, elle ne s’est jamais manifestée sur les bras.
Une sorte de territoire abandonné à la virginité candide de l’enfance.
A l’évidence, il convient de revoir mes automatismes sous cet angle de vue très éclairant. Mais ces réflexions après coup sont tout-à-fait hors topic.
Toujours cette asymétrie qu’il affectionne. C’est le premier genre de pose où il m’a attachée avec la main gauche qui revient d’une manière ou d’une autre sur le torse comme en figure de protection. Amusant quand on connaît le symbolisme attaché à la main gauche.
Puis il commence enfin son véritable jeu de cordes, la touche qui donne à ses cordes leur particularité propre, cette façon de tisser les cordes qui lui est toute personnelle. Il joue de ma main, de mes doigts, passant un entrelacement complexe de cordes entre chacun d’eux. Pour continuer son passage de cordes sur mes hanches. J’aime cet équilibre qu’il donne avec ses liens entre le haut de chacun de mes membres, ça crée une sorte d’unité dans la contrainte, une touche de finalité toute en subtilité délicate.
Le jeu de cordes s’arrête, le frôlement caressant du papillon qui caractérise ses mouvements se paralyse dans le temps.
La distance de l’absence se ressent physiquement malgré le cocon de cordes. Les sens s’aiguisent pour pallier à l’absence et chaque bruit prend une ampleur démesurée. Les appareils photos qui fonctionnent me sont inconnus et je ne sais pas identifier lequel émet quel bruit, j’entends des bruissements de pas ou au contraire une buttée involontaire dans les gravats, le champs des oiseaux dans le jardin omniprésent, une sorte de spirale de bruits qui se répondent dans un écho sans fin.
La caresse du vent sur ma nuque nue, la délicate brise frissonnante qui me hérisse la peau et s’infiltre au plus intime de moi par le relais d’un frisson qui me possède plus à chaque souffle.
Une suite de bruits fracassants quelque part devant moi et les cordes qui tombent me rappellent à la réalité où le froid devient obsédant.
Je couvre d'emblée ma nuque avec ma capuche.
Cette fois, il prend mes avant-bras et les lient sur le devant dans un entrelacement d’une symétrie exacte, une autre façon de tisser... Puis les fixent sur son point d’appui, l’évidence de me reposer sur ses mains jointes, l’instinct de me cacher derrière, penche ma tête vers mes mains avec en surimpression la sensation d’orienter définitivement la manière dont s’agencera ce jeux de nœuds.
Et même si il repart de mes chevilles pour me dessiner dans un cocon de cordes, c’est une évidence absolue, presque attendue du moins entendue quand je sens les cordes se positionner sur ma tête la solidarisant à mes mains jointes.
Puis de nouveau la sensation d’éloignement, les bruits de mouvements. Le doux ronron d’une situation connue et le froid ont raison de moi. Je sais que je m’assoupis une microseconde, juste assez pour avoir la conscience de me réveiller. Bander les muscles, sentir les cordes m’habiller. De nouveau, la proximité d’une présence et les cordes qui tombent.
Sauf les derniers liens sur mes poignets. S'enchaîne une suite de poses comme un exercice de style de jeux à une corde. Et la brûlure glaciale du froid reprend ses droits au moment où la dernière corde tombe. Le froid est impérieux et m’épuise.
Je dois finalement avouer ma limite. Et l’optique d’une boisson chaude nous ramène en des lieux habités.
Debrief de la matinée, je crois qu’on m’interroge déjà sur mes impressions mais je ne sais pas verbaliser quand je suis trop dans l’instant.
J’ai besoin de laisser les choses faire leur chemin en moi, retrouver le fil des souvenirs et démêler les émotions.
Visionnage des clichés, satisfaction du rendu des deux visions, petite promenade de mise en appétit, repas et retour sur les lieux du délit.
Cette fois, c’est en direction des caves que nous allons, immenses caves où courent d’énormes tuyauteries. J’aime passionnément leur esthétique industrielle, j’aime leur obscurité, j’aime leur dédale serpentant sous le bâtiment. Je crois que c’est l’endroit que je préfère dans ce lieu, quelque part.
Un puit de lumière dans l’ombre, N. sort ses cordes rouges.
Et finalement l’éclat de la voix de mon autre moi qui complimente ce qu’il voit. Mes mains sont liées sur le devant dans une posture trop proche de celles des menottes pour que je vive vraiment cela comme une contrainte mais mon buste est enveloppé d’un cocon de cordes qui permet de me maintenir au point d’appui où mon pied est aussi fixé.
Le berceau des cordes est à peine perceptible mais d’amples mouvements de respiration l’anime d’un balancement à subtil et tellement réconfortant. Le temps se suspend et m’échappe.
Puis de nouveau, la sensation d’une présence, les cordes qui se délient, mon pied rejoint le sol mais les cordes restent sur mon buste.
Et changeant mon pied d’appui, il suspend l’autre vers l’avant. De nouveau, un profond sentiment de dérive en soi dans l’étreinte charnelle des cordes et l’intimité sécurisante de l’obscurité. Le temps s’échappe et me suspend.
Un bruit derrière moi, un frôlement de papillon qui saisit mon visage dans une force d’émotion dont l’intensité me saisit.
Les cordes se font plus lâches, une main les délient, la réalité se retisse en sens inverse.
Tout s’efface pour ne rester qu’un souvenir figé dans une image, le propre de l’art éphémère n’exister qu’ici et maintenant avec l’unique et l’instantanéité du moment présent.
Je crois que je me frotte les yeux, c’est toujours rustre le contact avec la réalité.
Nous reprenons notre exploration, je ne sais pas bien où nous allons mais j’ai beaucoup moins froid que le matin. Et c’est une croisée de couloir qui devient notre prochaine étape avec trou habilement placé sur une poutre porteuse.
N. installe un point d’appui et repart rapidement chercher un mousqueton oublié dans les sous-sols. De nouveau, il m’entraîne dans sa toile d’homme-araignée. Facilitant d’autant ma dérive qu’il lie mes bras d’abord. J’essaye de me maintenir dans un semblant de veille, le point d’appui que j’ai vu ressemble à une suspension.
J’ai la pensée idiote de me dire que j’aurais dû mettre mes mains et c’est seulement après que je devine qu’elles sont liées. Il me cale finalement avec une autre corde pour arrêter le balancement.
Et la posture s’épanouit d’elle-même.
Je ne sais toujours pas identifier lequel émet les bruits mais le déclenchement des appareils comme leur manière de bouger me sont désormais assez familiers pour qu’ils ne me maintiennent plus en alerte. La sensation d'apesanteur de la suspension termine de me dériver dans un ailleurs où le temps s’oublie. Les limites du corps me rattrape, je sais que j’émets un mouvement réflexe pour détendre un muscle, une sorte de micro-mouvement, un bruissement de soi, que N. remarque de suite, se matérialisant prêt de moi par cette présence encordante tellement caractéristique.
Les cordes se détendent et en une fraction de seconde, le vague inconfort s’est évanoui.
Des instants fondateurs de confiance qui construisent une relation. Comme si il lisait en moi, il reprend son jeu de cordes dans une autre direction.
Il me suspend par l’avant. Je penche la tête vers les cordes par automatisme pendant qu’il suspend mes jambes. La sensation de cocon est encore plus évidente dans cette posture de suspension. J’ai la sensation d’être dans un oeuf recroquevillée sur moi-même. Le bercement des cordes m’oublie, l’infini se semble vouloir se suspendre. Quand il saisit mes cheveux - référent personnel hautement intime - place ses cordes dessus et les utilisent pour fixer ma tête en arrière.
Spirale de moi-même, montée de dérive d’autant plus forte qu’elle s’était interrompue avec une sorte de violence. Je ne sens plus les cordes, j’appartiens à ce qu’elles sont dans une unicité qui n’est que l’évidence la plus totale.
L’éternité s’arrache à l’infini et de nouveau, je suis la limite de moi-même.
Encore un mouvement réflexe pour déglutir qui entraîne automatiquement l’arrêt immédiat de la contrainte. Les cordes tombent mais je n’en ai pas le souvenir, tout est flou.
Juste la proximité de N. et sa voix encordante : “ça a mis presque un an mais on a trouvé ta position”. Je ne sais pas bien de quoi il parle, c’est important pour lui alors acquiesce.
L’important pour moi à ce moment précis c’est qu’il souhaite continuer de me prendre dans ses cordes.
Il range ses affaires, il a manifestement autant de mal que moi à recoller à la réalité et moi, je n’y arriverais jamais vraiment du reste de la journée.
La charge émotionnelle de ses expériences nous a tous épuisé malgré notre satisfaction. un courant de sympathie et de respect mutuel nous anime tous et c’est sans doute le plus beau résultat que nous pouvions espérer.
Une journée en forme de parenthèse dans des vies qui veulent se penser différemment et où l’expression de l’émotion reste comme une ligne de conduite.
La même journée/galerie par un autre œil.
Crédits : Cordes & photos couleurs par Yoroi (http://yoroi-shibari.net/) - photo N&B par Fab Crobard
samedi 27 août 2011
FIP 48
Bien des années qu’une FiP ne s’était placée dans mes cheminements.
Mais ceux-ci sont trop présents pour ne pas envahir la totalité de mon espace conscient.
Entre réponses et nouveaux questionnements tout prend une autre dimension.
Et puis, les nouvelles prises de conscience amènent aussi une vision comme neuve, tout peut potentiellement redevenir une « première fois » quelque part.
Drôle de FiP. G. qui nous accueille à la salle dans un discours désordonné où il est à la fois question de plaintes contre la salle pour nuisance sonore et de gars chargé de surveiller la soirée. Pas le temps, on est à la bourre et on doit tester notre nouvelle idée de configuration de salle. Entre routine et nouvelle installation, chacun œuvre dans son coin. H.&I. arrivent, A.S. aussi, on monte estrades, tables, chaises, portants.
I. crie : « Fab, il y a quelqu’un pour toi ! »
Je me souviens de P., que j’avais un peu oublié. J’essaye d’avancer au plus vite l’installation de la vidéo pour ménager du temps à Fab pour qu’ils causent « entre mecs ». Cela semble si important, cette histoire de connivence du genre, je me dis que pour Fab comme pour P., il est peut-être temps de parler hors d’oreilles féminines indélicates.
Une fois, la vidéo finie, je m’absorbe au fumoir. On a rangé tout n’importe comment à la dernière et il y a pas mal de choses à remettre en place.
J’installe le nouveau panneau qui fait l’unanimité – mais bon, ça je le savais, c’était une évidence quand il a été fini.
A part la « radio » c’est de loin la plus belle composition d’empreintes que nous ayons réalisée.
C’est même chouette, parce qu’il en reste encore deux à faire et que je pense que maintenant que nous sommes mieux dans le truc, le résultat sera intéressant.
Et puis à un moment, A.S. a fini d’installer son coin, plein de gens arrivent. Il n’y a jamais eu autant de monde pour installer une FiP. S. devait venir faire des photos mais c’était prévu et ce n’est même pas ça. N. arrive et me chope par surprise par le jeans me faisant lâcher un cri. Erf, pas ce soir, les trucs de « bête traquée » quand je me sens si proche de son état d’esprit entre J. et M.
L’installation se poursuit. Il y a un black qui se marre quand H. lui explique qu’il doit être au minimum « tout en noir ». Je ne crois pas qu’H. saisisse la portée comique de la situation quand il gueule au type que ce n’est pas drôle.
Moi, oui…
C’est le bordel avec le son, j’apprends que le chauffage est coupé et j’ai déjà froid…
N. me présente un couple de Tours, très sympathiques.
Ils me disent que N. leur a parlé de moi…
« Ah ?... euh… »
Mais sauf que moi, je ne sais pas ce que l’on dit de moi. Cela me donne toujours envie de me dandiner d’inconfort ces situations où manifestement l’autre en sait plus que moi sur moi. (Et ça recommencera quand R. nous fera sa « crise de fanitude ». )
Elle, surtout, elle en parle beaucoup, son visage s’anime quand elle en parle, elle voudrait faire passer quelque chose que je ne saisis manifestement pas.
Peut-être de l’ordre de ce que V. disait à propos de mon « soi-disant » légendaire lâcher-prise.
Je ne sais pas, je sens bien que ça aussi c’est dans le « non-résolu » pour l’instant.
Elle dit que N. leur a dit qu’il s’était passé « quelque chose » et il y a presque de la vibration dans sa voix quand elle le dit.
Et cette vibration ne peut venir que d’une conviction acquise soit de ce qu’elle a vu de moi avec N. ou de ce qu’elle a entendu de N.
Mais cela restera de l’ordre de la question.
Lui, plus distant dans la verbalisation directe mais plus ouvert dans la CNV.
On parle cordes, je dis que j’aimerais essayer avec une femme, elle dit qu’elle commence à apprendre. Il propose que plus tard, je ne décline pas même si c’est évident que ce n’est pas vraiment à ce genre de femme à qui je pense.
Je verbalise mieux sur la contrainte depuis que j’ai compris jusqu’où cela allait se nicher, au point d’aimer porter une jupe longue serrée en bas…
J’installe en leur retombant régulièrement dessus. On discute un peu, comme ça, en papillon comme on apprend.
A. sort de magnifiques cordes noires, d’un noir profond.
Elles ont comme une sorte de vibration, quelque chose de sensuel qu’il faut que je les touche.
Ce n’est pas souvent que j’ai besoin de toucher la corde avec ma main.
Mais ces cordes noires, la profondeur de la couleur – surdose de teinture de l’aveu de l’auteur – a quelque chose qui appartient à l’acid, je crois que c’est ça qui m’attire.
Il parle d’en faire des rouges, et je les vois dans mon esprit, ce rouge profond qu’elles pourraient avoir et pour un peu, même ces cordes imaginaires j’aimerais les toucher.
Et l’esprit fatigué rebondi sur les mots du report, être attachée sous LSD…
Rien que l’idée ferait partir en bad l’essentiel de l’humanité ^^
Et pourtant, Sentir les Cordes couler, Se dissoudre dedans… Je ne dis pas monter l’acid dans les cordes, trop hard avec les crises de speed, ça oui c’est un coup à mal partir.
Mais après, une fois l’acid monté quand le monde est différent, plus souple, plus doux, plus coloré… Tiens peut-être même qu’on verrait les cordes en couleurs.
Je ne sais pas si la corde fait le même effet à N. ou si c’est moi qui lui « transfère » mon trouble. Mais il prend la corde et mes avant-bras dans un seul et même mouvement. Et commence à enrouler la corde en partant des bras. Je sens ma propre induction monter, je crois que je m’excuse auprès du couple avec qui je parlais.
Mon regard croise celui d’A. au moment où il me dit : « ça se voit ». Et si je n’avais pas décroché à ce moment-là, je lui aurais volontiers demandé de préciser ce « quelque chose » et ce « ça » auquel il semble si évident de faire référence…
Le mouvement de N. se suspend, pour prendre une autre corde.
L’analogie liquide est une référence essentielle pour les cordes, pour moi.
Je sens les vagues de cordes et chacune peut m’emmener plus loin ou me ramener, comme une vague. L’esprit se calque sur le rythme de l’encordeur et chaque passage d’une nouvelle corde est une sorte de crête de vague qui peut ramener autant qu’emporter. Laissant une fraction de seconde à la conscience pour saisir la réalité.
Ma crête de vague prend la réalité d’une phrase où il dit qu’il voulait seulement essayer mais vu moi, il va en passer quelques autres. Et j’ai envie de protester que ce n’est pas juste ! S’il existe Une personne qui me connait dans les cordes c’est forcément N. Sans parler de l’habitude de se côtoyer dans ce genre de jeux, c’est le seul qui reçoit systématiquement mes mots, après. Sans relire mes reports, j’ai forcément déjà parlé de mes « points d’Achille » des cordes. Il sait évidement que passer une corde sur mes bras, sous mon pied ou entre mes doigts, induit une vague à laquelle je ne souhaite pas avoir à résister.
Le jeu s’arrête comme il a commencé sans que je n’y comprenne vraiment rien.
Un peu avant le début de la soirée, Nico propose de m’attacher. Il prend mes mains par le devant. Il passe sa corde sur mes poignets joints devant lui, je regarde le lien, je lui souris, il y a cette connivence évidente entre nous dès qu’il y a une corde. Sa CNV à lui.
Là aussi, il y a quelque chose de la « première fois », le sens symbolique/ mon sens symbolique des choses n’est plus brouillé. Et c’est sûrement ce que j’essaye de lui faire passer dans ce regard, je sais pas. Mais c’est sûrement Le moment le plus important de cette soirée. Une fraction de seconde où « il se passe quelque chose ». Zut, voilà que je parle cryptique moi aussi…
Rationnellement, je n’arrive pas à penser que cela puisse vraiment dépasser le cadre des protagonistes. Admettons que le phénomène ne soit pas seulement issu de l’imagination de l’un mais que les deux partagent vraiment quelque chose, comment cela pourrait être visible aux yeux des autres quand il s’agit seulement de ressenti…
Pourtant je le verrais bien moi aussi ce « quelque chose » entre deux personnes plus tard dans la soirée… Et d’un coup l’évidence me frappe le front… Moi des « quelque chose » j’en vois rarement, presque jamais, sauf hier entre G. et R… Ce qu’il y aurait entre N. et moi serait de cet ordre ?...
Idée contrariante, trop loin de ma réalité.
N. continue son jeu de cordes, il refait ce truc un peu dingue qu’il m’avait déjà fait.
En passant trois cordes successives puis en retirant la première sans toucher aux deux autres. Et ramènes mes bras en arrière. J’adore quand il fait ça, ça a quelque chose de vraiment magique.
Comment quelque chose qui semble si solidaire pourrait bien se détacher si facilement. Et je me dis que c’est pour cela que je n’arrive pas à avoir vraiment envie d’apprendre les cordes, ça casserait ma « magie ».
Puis il m’entraîne au sol et continue de me bercer dans des vagues successives. Une vague me ramène et j’accroche une phrase de G. :
« c’est différent d’hier avec… ».
Je ne retiens pas le nom et là encore, le cryptique « c’est différent » ? Mais quoi donc…
La voix de N. derrière moi « chaque jour est un nouveau jour ». Et les cordes qui se serrent.
Je me souviens vaguement avoir dit que j’aimais que les cordes serrent mais peut-être pas à lui.
Les cordes m’enserrent, même pas besoin de bander les muscles pour les sentir, la spirale m’emporte. Alors que je sens un subtil inconfort sur la clavicule gauche où je suis en appui sur la corde.
Quelqu’un – N. ? – a mis quelque chose sous ma tête, c’est une attention qui m’étonne toujours dans les cordes. Le travail au sol, c’est plus avec A.S. que j’ai l’habitude et A.S. ne prend pas ce genre de précaution. L’inconfort reste en sourdine et j’ai trop l’habitude de gérer une douleur constante pour y prêter une véritable attention. D’autant que N. mobilise mes sens ailleurs, sensation play.
Ma spirale se matérialise dans une onde de frisson qui part de sa main sur ma nuque – encore un de mes talons d’Achille…
A partir de là, les vagues ne me ramèneront plus, N. continue de m’emmener plus loin mélangeant les vagues de cordes avec celles des frissons.
Je me souviens d’une pose qui me rappelle une photo que j’ai aimé sur FetLife que l’esprit note en spectateur de lui-même avec une sensation très typique de l’hypnose : EMC, mon amour.
Tout le reste n’a pas de vraie réalité, douceur, paix, calme, chaleur.
Je ne m’appartiens plus vraiment, j’appartiens à une sorte de tout, mu par une volonté qui n’est pas la mienne. L’univers n’est que sensation, le temps n’a plus de sens. Il faudra vraiment que je prenne le temps de détailler le subspace des cordes/de la contrainte.
Il n’y a pas cette lutte contre soi/ sur soi comme dans les jeux de percussions, il n’y a pas de vagues d’endorphines à monter, juste un doux bercement.
Quelque chose de vraiment hypnotique chez moi, à se demander si cela ne vaudrait pas la peine de tenter d’implanter des suggestions post-hypnotiques à ce moment-là. Erf, il n’y a que moi pour toujours penser à mélanger les EMC…
Et l’inconfort devenu douleur, pulse. Il focalise mon esprit dessus et prend sa pleine existence. Il faut revenir, c’est dur, désagréable. Comme quand il faut lutter sur l’acid pour retrouver la lucidité, un véritable effort de volonté.
J’ouvre les yeux, je ne distingue pas grand-chose, mais j’ouvre jamais les yeux alors j’espère que cela pourra suffire à attirer l’attention.
L’effort m’assomme et les yeux se referment d’eux-mêmes.
Pulsation de douleur, je hais mes clavicules trop saillantes où la corde mord.
Nouvel effort de volonté, mobilisation générale de la conscience encore active, ouvrir les yeux et appeler N.
Je ne parle jamais, je sens bien que cela le déroute.
J’explique pour ma clavicule.
Les cordes dansent à une vitesse stupéfiante, mes vagues refluent à une vitesse vertigineuse, le monde reprend réalité trop vite. N. me dit quelque chose que je ne comprends pas, il le voit et me traduit des excuses. Je trouve ça idiot, pourquoi il s’excuse ? Moi aussi, c’est ma faute. Et puis faute de quoi ?
La faute c’est un truc volontaire et aucun de nous n’a eu vraiment envie que ça arrive.
La percussion avec la réalité me donne toujours une sorte de dizaine de minutes où une sorte d’automatisme prend le contrôle.
J’agis, j’arrive à bouger normalement mais je suis toujours en mode « spectateur de moi-même ». Si je ne profite pas de ce sursaut pour bouger - surtout en soirée -, après c’est mort. Je pars en tremblements et l’émotion prend le pas. Biochimiquement, je me demande si la fin des cordes ne correspond pas à une décharge d’adrénaline, un truc animal du cerveau reptilien pour avoir l’impulsion de fuir après avoir été captif. Et je sais que si je n’utilise pas de suite cette sorte d’élan, après je pars en trop plein, tremblements, idées brouillées, gestes incohérents.
Du coup, je ne sais même pas si je remercie N. correctement. De toute façon, tout est si loin.
Après, il y a les shows à enchaîner.
Et M. qui finalement se matérialise lors d’une des absences de Fab. Charmeur charmant, déroutant avec son côté apparition/disparition, un côté diablotin sorti d’une boîte aux allusions équestres sans ambiguïté.
A un nième moment où je sors mourir de froid dehors pour fumer. En rentrant, il y a A.S. et U. qui font des cordes dans le dos d’I. Je passe en souriant et A.S. m’attrape par les bras en arrière. C’est idiot, j’ai encore mon blouson et je lui dis. Il continue de placer ses cordes en récupérant celle qui était sur U. Et ouvre mes couches successives de vêtements en solidarisant le tout avec les cordes. Un jour, ce type arriva derrière moi et me mettra un sac sur la tête, c’est une évidence à ce moment-là. Il a fait une sorte de poignée avec mes bras et il me téléguide dans la salle. Les idées sont désordonnées ou inexistantes. Gel mental.
Il me jette presque par terre, pas de coussin pour ma tête cette fois… A.S., quoi. Les cordes, la chaleur de la salle qui monte le joint que je viens de fumer… Les gestes d’A.S. continuent de me bousculer, à un moment une vague me ramène, je sens ses mains dans mes cheveux qu’il attache en arrière. Je devine une position que je connais : hogtie.
Je m’étonne toujours à reconnaître les passages de cordes.
Ma spirale me berce, les cordes sont d’une présence obsédante, j’aimerais sortir de moi-même pour les toucher comme pour vérifier ce que je ressens. Une main en papillon sur les miennes. Et les cordes tombent sans avoir fini de m’emmener. Je ne comprends pas.
A.S. m’explique que mes mains étaient froides… Ah, ça…
J’essaye d’expliquer que c’est le LSD mais les idées s’embrouillent et les mots avec.
La soirée s’étire, j’ai froid comme rarement et cela m’épuise.
A noter, la petite sirène qui fait le bel effort d’oser affronter Fab pour venir jouer sur mon émotion. Trop fragile pour moi, les sirènes, même si elles m’émeuvent.
Drôle de soirée.
Pour la première fois, je touche du doigt les limites des cordes en lieu public.
Et c’est précisément parce que cette limite n’est pas où je le pensais qu’elle m’étonne.
Ma limite ce n’est pas les autres, j’ai une volonté d’abstraction sur la réalité qui peut les faire disparaître. Non, ma limite est après les cordes, quand on a juste envie de se poser calmement avec l’attacheur et qu’il faut faire de la place aux suivant(e)s.
Une sorte d’arrachement de soi qui empêche de vivre/terminer pleinement l’expérience.
Mais ceux-ci sont trop présents pour ne pas envahir la totalité de mon espace conscient.
Entre réponses et nouveaux questionnements tout prend une autre dimension.
Et puis, les nouvelles prises de conscience amènent aussi une vision comme neuve, tout peut potentiellement redevenir une « première fois » quelque part.
Drôle de FiP. G. qui nous accueille à la salle dans un discours désordonné où il est à la fois question de plaintes contre la salle pour nuisance sonore et de gars chargé de surveiller la soirée. Pas le temps, on est à la bourre et on doit tester notre nouvelle idée de configuration de salle. Entre routine et nouvelle installation, chacun œuvre dans son coin. H.&I. arrivent, A.S. aussi, on monte estrades, tables, chaises, portants.
I. crie : « Fab, il y a quelqu’un pour toi ! »
Je me souviens de P., que j’avais un peu oublié. J’essaye d’avancer au plus vite l’installation de la vidéo pour ménager du temps à Fab pour qu’ils causent « entre mecs ». Cela semble si important, cette histoire de connivence du genre, je me dis que pour Fab comme pour P., il est peut-être temps de parler hors d’oreilles féminines indélicates.
Une fois, la vidéo finie, je m’absorbe au fumoir. On a rangé tout n’importe comment à la dernière et il y a pas mal de choses à remettre en place.
J’installe le nouveau panneau qui fait l’unanimité – mais bon, ça je le savais, c’était une évidence quand il a été fini.
A part la « radio » c’est de loin la plus belle composition d’empreintes que nous ayons réalisée.
C’est même chouette, parce qu’il en reste encore deux à faire et que je pense que maintenant que nous sommes mieux dans le truc, le résultat sera intéressant.
Et puis à un moment, A.S. a fini d’installer son coin, plein de gens arrivent. Il n’y a jamais eu autant de monde pour installer une FiP. S. devait venir faire des photos mais c’était prévu et ce n’est même pas ça. N. arrive et me chope par surprise par le jeans me faisant lâcher un cri. Erf, pas ce soir, les trucs de « bête traquée » quand je me sens si proche de son état d’esprit entre J. et M.
L’installation se poursuit. Il y a un black qui se marre quand H. lui explique qu’il doit être au minimum « tout en noir ». Je ne crois pas qu’H. saisisse la portée comique de la situation quand il gueule au type que ce n’est pas drôle.
Moi, oui…
C’est le bordel avec le son, j’apprends que le chauffage est coupé et j’ai déjà froid…
N. me présente un couple de Tours, très sympathiques.
Ils me disent que N. leur a parlé de moi…
« Ah ?... euh… »
Mais sauf que moi, je ne sais pas ce que l’on dit de moi. Cela me donne toujours envie de me dandiner d’inconfort ces situations où manifestement l’autre en sait plus que moi sur moi. (Et ça recommencera quand R. nous fera sa « crise de fanitude ». )
Elle, surtout, elle en parle beaucoup, son visage s’anime quand elle en parle, elle voudrait faire passer quelque chose que je ne saisis manifestement pas.
Peut-être de l’ordre de ce que V. disait à propos de mon « soi-disant » légendaire lâcher-prise.
Je ne sais pas, je sens bien que ça aussi c’est dans le « non-résolu » pour l’instant.
Elle dit que N. leur a dit qu’il s’était passé « quelque chose » et il y a presque de la vibration dans sa voix quand elle le dit.
Et cette vibration ne peut venir que d’une conviction acquise soit de ce qu’elle a vu de moi avec N. ou de ce qu’elle a entendu de N.
Mais cela restera de l’ordre de la question.
Lui, plus distant dans la verbalisation directe mais plus ouvert dans la CNV.
On parle cordes, je dis que j’aimerais essayer avec une femme, elle dit qu’elle commence à apprendre. Il propose que plus tard, je ne décline pas même si c’est évident que ce n’est pas vraiment à ce genre de femme à qui je pense.
Je verbalise mieux sur la contrainte depuis que j’ai compris jusqu’où cela allait se nicher, au point d’aimer porter une jupe longue serrée en bas…
J’installe en leur retombant régulièrement dessus. On discute un peu, comme ça, en papillon comme on apprend.
A. sort de magnifiques cordes noires, d’un noir profond.
Elles ont comme une sorte de vibration, quelque chose de sensuel qu’il faut que je les touche.
Ce n’est pas souvent que j’ai besoin de toucher la corde avec ma main.
Mais ces cordes noires, la profondeur de la couleur – surdose de teinture de l’aveu de l’auteur – a quelque chose qui appartient à l’acid, je crois que c’est ça qui m’attire.
Il parle d’en faire des rouges, et je les vois dans mon esprit, ce rouge profond qu’elles pourraient avoir et pour un peu, même ces cordes imaginaires j’aimerais les toucher.
Et l’esprit fatigué rebondi sur les mots du report, être attachée sous LSD…
Rien que l’idée ferait partir en bad l’essentiel de l’humanité ^^
Et pourtant, Sentir les Cordes couler, Se dissoudre dedans… Je ne dis pas monter l’acid dans les cordes, trop hard avec les crises de speed, ça oui c’est un coup à mal partir.
Mais après, une fois l’acid monté quand le monde est différent, plus souple, plus doux, plus coloré… Tiens peut-être même qu’on verrait les cordes en couleurs.
Je ne sais pas si la corde fait le même effet à N. ou si c’est moi qui lui « transfère » mon trouble. Mais il prend la corde et mes avant-bras dans un seul et même mouvement. Et commence à enrouler la corde en partant des bras. Je sens ma propre induction monter, je crois que je m’excuse auprès du couple avec qui je parlais.
Mon regard croise celui d’A. au moment où il me dit : « ça se voit ». Et si je n’avais pas décroché à ce moment-là, je lui aurais volontiers demandé de préciser ce « quelque chose » et ce « ça » auquel il semble si évident de faire référence…
Le mouvement de N. se suspend, pour prendre une autre corde.
L’analogie liquide est une référence essentielle pour les cordes, pour moi.
Je sens les vagues de cordes et chacune peut m’emmener plus loin ou me ramener, comme une vague. L’esprit se calque sur le rythme de l’encordeur et chaque passage d’une nouvelle corde est une sorte de crête de vague qui peut ramener autant qu’emporter. Laissant une fraction de seconde à la conscience pour saisir la réalité.
Ma crête de vague prend la réalité d’une phrase où il dit qu’il voulait seulement essayer mais vu moi, il va en passer quelques autres. Et j’ai envie de protester que ce n’est pas juste ! S’il existe Une personne qui me connait dans les cordes c’est forcément N. Sans parler de l’habitude de se côtoyer dans ce genre de jeux, c’est le seul qui reçoit systématiquement mes mots, après. Sans relire mes reports, j’ai forcément déjà parlé de mes « points d’Achille » des cordes. Il sait évidement que passer une corde sur mes bras, sous mon pied ou entre mes doigts, induit une vague à laquelle je ne souhaite pas avoir à résister.
Le jeu s’arrête comme il a commencé sans que je n’y comprenne vraiment rien.
Un peu avant le début de la soirée, Nico propose de m’attacher. Il prend mes mains par le devant. Il passe sa corde sur mes poignets joints devant lui, je regarde le lien, je lui souris, il y a cette connivence évidente entre nous dès qu’il y a une corde. Sa CNV à lui.
Là aussi, il y a quelque chose de la « première fois », le sens symbolique/ mon sens symbolique des choses n’est plus brouillé. Et c’est sûrement ce que j’essaye de lui faire passer dans ce regard, je sais pas. Mais c’est sûrement Le moment le plus important de cette soirée. Une fraction de seconde où « il se passe quelque chose ». Zut, voilà que je parle cryptique moi aussi…
Rationnellement, je n’arrive pas à penser que cela puisse vraiment dépasser le cadre des protagonistes. Admettons que le phénomène ne soit pas seulement issu de l’imagination de l’un mais que les deux partagent vraiment quelque chose, comment cela pourrait être visible aux yeux des autres quand il s’agit seulement de ressenti…
Pourtant je le verrais bien moi aussi ce « quelque chose » entre deux personnes plus tard dans la soirée… Et d’un coup l’évidence me frappe le front… Moi des « quelque chose » j’en vois rarement, presque jamais, sauf hier entre G. et R… Ce qu’il y aurait entre N. et moi serait de cet ordre ?...
Idée contrariante, trop loin de ma réalité.
N. continue son jeu de cordes, il refait ce truc un peu dingue qu’il m’avait déjà fait.
En passant trois cordes successives puis en retirant la première sans toucher aux deux autres. Et ramènes mes bras en arrière. J’adore quand il fait ça, ça a quelque chose de vraiment magique.
Comment quelque chose qui semble si solidaire pourrait bien se détacher si facilement. Et je me dis que c’est pour cela que je n’arrive pas à avoir vraiment envie d’apprendre les cordes, ça casserait ma « magie ».
Puis il m’entraîne au sol et continue de me bercer dans des vagues successives. Une vague me ramène et j’accroche une phrase de G. :
« c’est différent d’hier avec… ».
Je ne retiens pas le nom et là encore, le cryptique « c’est différent » ? Mais quoi donc…
La voix de N. derrière moi « chaque jour est un nouveau jour ». Et les cordes qui se serrent.
Je me souviens vaguement avoir dit que j’aimais que les cordes serrent mais peut-être pas à lui.
Les cordes m’enserrent, même pas besoin de bander les muscles pour les sentir, la spirale m’emporte. Alors que je sens un subtil inconfort sur la clavicule gauche où je suis en appui sur la corde.
Quelqu’un – N. ? – a mis quelque chose sous ma tête, c’est une attention qui m’étonne toujours dans les cordes. Le travail au sol, c’est plus avec A.S. que j’ai l’habitude et A.S. ne prend pas ce genre de précaution. L’inconfort reste en sourdine et j’ai trop l’habitude de gérer une douleur constante pour y prêter une véritable attention. D’autant que N. mobilise mes sens ailleurs, sensation play.
Ma spirale se matérialise dans une onde de frisson qui part de sa main sur ma nuque – encore un de mes talons d’Achille…
A partir de là, les vagues ne me ramèneront plus, N. continue de m’emmener plus loin mélangeant les vagues de cordes avec celles des frissons.
Je me souviens d’une pose qui me rappelle une photo que j’ai aimé sur FetLife que l’esprit note en spectateur de lui-même avec une sensation très typique de l’hypnose : EMC, mon amour.
Tout le reste n’a pas de vraie réalité, douceur, paix, calme, chaleur.
Je ne m’appartiens plus vraiment, j’appartiens à une sorte de tout, mu par une volonté qui n’est pas la mienne. L’univers n’est que sensation, le temps n’a plus de sens. Il faudra vraiment que je prenne le temps de détailler le subspace des cordes/de la contrainte.
Il n’y a pas cette lutte contre soi/ sur soi comme dans les jeux de percussions, il n’y a pas de vagues d’endorphines à monter, juste un doux bercement.
Quelque chose de vraiment hypnotique chez moi, à se demander si cela ne vaudrait pas la peine de tenter d’implanter des suggestions post-hypnotiques à ce moment-là. Erf, il n’y a que moi pour toujours penser à mélanger les EMC…
Et l’inconfort devenu douleur, pulse. Il focalise mon esprit dessus et prend sa pleine existence. Il faut revenir, c’est dur, désagréable. Comme quand il faut lutter sur l’acid pour retrouver la lucidité, un véritable effort de volonté.
J’ouvre les yeux, je ne distingue pas grand-chose, mais j’ouvre jamais les yeux alors j’espère que cela pourra suffire à attirer l’attention.
L’effort m’assomme et les yeux se referment d’eux-mêmes.
Pulsation de douleur, je hais mes clavicules trop saillantes où la corde mord.
Nouvel effort de volonté, mobilisation générale de la conscience encore active, ouvrir les yeux et appeler N.
Je ne parle jamais, je sens bien que cela le déroute.
J’explique pour ma clavicule.
Les cordes dansent à une vitesse stupéfiante, mes vagues refluent à une vitesse vertigineuse, le monde reprend réalité trop vite. N. me dit quelque chose que je ne comprends pas, il le voit et me traduit des excuses. Je trouve ça idiot, pourquoi il s’excuse ? Moi aussi, c’est ma faute. Et puis faute de quoi ?
La faute c’est un truc volontaire et aucun de nous n’a eu vraiment envie que ça arrive.
La percussion avec la réalité me donne toujours une sorte de dizaine de minutes où une sorte d’automatisme prend le contrôle.
J’agis, j’arrive à bouger normalement mais je suis toujours en mode « spectateur de moi-même ». Si je ne profite pas de ce sursaut pour bouger - surtout en soirée -, après c’est mort. Je pars en tremblements et l’émotion prend le pas. Biochimiquement, je me demande si la fin des cordes ne correspond pas à une décharge d’adrénaline, un truc animal du cerveau reptilien pour avoir l’impulsion de fuir après avoir été captif. Et je sais que si je n’utilise pas de suite cette sorte d’élan, après je pars en trop plein, tremblements, idées brouillées, gestes incohérents.
Du coup, je ne sais même pas si je remercie N. correctement. De toute façon, tout est si loin.
Après, il y a les shows à enchaîner.
Et M. qui finalement se matérialise lors d’une des absences de Fab. Charmeur charmant, déroutant avec son côté apparition/disparition, un côté diablotin sorti d’une boîte aux allusions équestres sans ambiguïté.
A un nième moment où je sors mourir de froid dehors pour fumer. En rentrant, il y a A.S. et U. qui font des cordes dans le dos d’I. Je passe en souriant et A.S. m’attrape par les bras en arrière. C’est idiot, j’ai encore mon blouson et je lui dis. Il continue de placer ses cordes en récupérant celle qui était sur U. Et ouvre mes couches successives de vêtements en solidarisant le tout avec les cordes. Un jour, ce type arriva derrière moi et me mettra un sac sur la tête, c’est une évidence à ce moment-là. Il a fait une sorte de poignée avec mes bras et il me téléguide dans la salle. Les idées sont désordonnées ou inexistantes. Gel mental.
Il me jette presque par terre, pas de coussin pour ma tête cette fois… A.S., quoi. Les cordes, la chaleur de la salle qui monte le joint que je viens de fumer… Les gestes d’A.S. continuent de me bousculer, à un moment une vague me ramène, je sens ses mains dans mes cheveux qu’il attache en arrière. Je devine une position que je connais : hogtie.
Je m’étonne toujours à reconnaître les passages de cordes.
Ma spirale me berce, les cordes sont d’une présence obsédante, j’aimerais sortir de moi-même pour les toucher comme pour vérifier ce que je ressens. Une main en papillon sur les miennes. Et les cordes tombent sans avoir fini de m’emmener. Je ne comprends pas.
A.S. m’explique que mes mains étaient froides… Ah, ça…
J’essaye d’expliquer que c’est le LSD mais les idées s’embrouillent et les mots avec.
La soirée s’étire, j’ai froid comme rarement et cela m’épuise.
A noter, la petite sirène qui fait le bel effort d’oser affronter Fab pour venir jouer sur mon émotion. Trop fragile pour moi, les sirènes, même si elles m’émeuvent.
Drôle de soirée.
Pour la première fois, je touche du doigt les limites des cordes en lieu public.
Et c’est précisément parce que cette limite n’est pas où je le pensais qu’elle m’étonne.
Ma limite ce n’est pas les autres, j’ai une volonté d’abstraction sur la réalité qui peut les faire disparaître. Non, ma limite est après les cordes, quand on a juste envie de se poser calmement avec l’attacheur et qu’il faut faire de la place aux suivant(e)s.
Une sorte d’arrachement de soi qui empêche de vivre/terminer pleinement l’expérience.
samedi 28 mai 2011
FIP 46
12 jours en alerte orange, une tenue de soubrette en vinyle offerte par Ilo et des ongles assortis.
Un train trop long en retard et la foule des inconnus qui s’éveille quand on est poli avec.
Arrivé à la salle sans être les derniers et mise en route de l’installation.
Moi je bougonne contre le froid avec le souvenir vivace de la précédente soirée à la même date.
A.S. doit s’en souvenir autant que moi et me soutient auprès de H. qui sent forcément moins le froid avec son verre de whisky à la main…
Installation laborieuse. A 20 h, les sandwichs arrivent et on n’a pas fini d’installer le fumoir, c’est bien la première fois… Par contre, on a le même son partout et ça aussi, c’est bien la première fois. Et il fait toujours froid. Mais le temps file, il est 22 h, faut se changer, allumer les bougies. Et ça démarre, on y croit pas vraiment nous-même, trop froid.
N. arrive, il suggère naturellement un jeu de cordes, salue quelques personnes et revient me proposer de m’attacher.
Prise de contact, on cause un peu.
Il s’étonne de mon dos anormalement détendu pour ce qu’il en connait. Je repense au déplacement de la semaine passée. Je lui parle de mon métatarse en lui montrant de quel os je parle.
Et sans que je sois vraiment capable de faire une différence entre le temps de parole et celui des cordes, il prend mes poignets et les joint dans un geste naturel.
Pourtant c’est évident qu’il s’agit d’une posture de contrainte, je sais pour l’avoir vu que certaines personnes ne supportent physiquement pas qu’on leur prenne les poignets ainsi.
Et là, c’est naturel pas seulement pour moi ou pour lui, quelque part c’est tellement logique entre nous que ça tiendrait presque de l’automatisme - sans connotation péjorative mais plutôt dans l’esprit de « je le fais sans y avoir besoin d’y penser vraiment ».
Je trouve aussi qu’il est plus calme, quelque chose de plus posé dans les gestes, ça n’en change pas la précision, juste une incidence sur la rythmique quelque part.
La corde coure sur mes poignets, il replie mes avant-bras et passe autour des épaules. Je parle encore avec N. et A.S. quand la corde passe sur mes bras. Je ne lutte pas vraiment contre le pouvoir inducteur, sur moi, des cordes autour des épaules, je ferme les yeux dans un automatisme propre à l’hypnose. Isoler les bruits, ne retenir que la tonalité de la musique, la laisser calquer son rythme sur celui des cordes, ressentir les frôlements des passages de cordes. Se bercer dans la douceur d’un geste sûr et réconfortant, bander les muscles pour ressentir la tension des cordes et deviner leurs dessins sur le corps.
Toujours cette sensation que N. tisse un cocon de cordes.
Un geste incroyablement émouvant quelque part dans ce rempart de cordes qu’il dresse entre le monde et moi, une autre façon de voir son jeu de cordes qui ne m’avait pas frappée avant.
Toujours l’asymétrie des positions qu’il travaille, propre à son style et significatif de sa maîtrise que je ressens en focalisant mon esprit sur le ressenti. J’ai la sensation d’un jeu de cordes compliqué sur mon flanc droit, j’ai l’idée saugrenue de toucher pour mieux saisir la complexité des passages quand je réagis que mes mains sont liées à l’exact opposé de l’endroit en question et qu’il est seulement inutile d’agiter les doigts pour espérer sentir quoique ce soit.
Bêtement, je pense que j’aimerais bien avoir une 3° main…
L’air se modifie autour de moi et N. me mène au sol. Cela m’étonne toujours venant de lui, il ne m’a pas habituée à travailler au sol – avec moi, du moins. Il s’empresse de mettre quelque chose sous ma tête, ça aussi, ça m’étonne toujours ; je n’ai pas choisi d’être le genre de femme à qui s’adresse ce genre d’attentions, ça n’appartient pas à mon univers.
Il joue de mes sens et je m’emmêle dans le flot des souvenirs. Je sais qu’il me fait passer par plusieurs positions et si je me concentre sur cet élément du souvenir j’isole facilement 3 ou 4 pauses, debout, au sol, les pieds suspendus, les jambes repliées mais sans vraiment savoir si l’ordre est le bon. Je sais qu’il fait des « choses » avec ces histoires d’énergie que je ne comprends pas, parce que je l’ai senti se « connecter » sur mes genoux.
Je me demande dans quelle mesure, mon affaire de métatarse l’a fait se « brancher » sur mes jambes. Comme je m’interroge légitimement sur l’influence de son intervention dans le fait que mon os finira par se réaligner de lui-même dans la soirée.
La sensation aussi qu’à un moment, il n’a pas aimé la coloration de ma peau ou son ressenti sur les pieds parce qu’il y a une coïncidence trop évidente entre ces frôlements sur mes membres et les cordes qui se dénouent.
La sensation de la corde qui passe en étrier sous mon pied, aussi forte en induction chez moi que la corde sur les épaules. Faudra quand même que je me documente sur l’intersection entre hyper-vigilance et hypnose.
Et cela m’interroge quand même face à d’autres épisodes de ma vie, cette facilité à l’auto-induction est-elle vraiment une sorte d’aptitude naturelle ou quelque chose qui aurait été exploité dans d’autres tranches de vie où mes souvenirs sont plus absents ?
Et toujours ce côté plus calme chez lui qui me laisse un peu de temps pour m’explorer dans les cordes ou est-ce moi qui suit plus disponible à moi-même ?
Étrange relation en pointillé qui s’est instaurée entre nous où les deux progressent en parallèle et se rejoignent par des sortes de bond, une progression en saut comme un influx nerveux.
Étrangement, je n’ai pas de souvenirs des cordes qui s’ôtent.
Juste à un moment, il me redresse et il n’y a presque plus de cordes sur moi.
J’ouvre les yeux vers le mur, la lumière crue m’éblouit un peu, je cligne pour ajuster ma vue.
La soirée a continuée à s’emplir, c’est toujours étonnant de constater que le monde ne s’est pas arrêté quand on a eu la sensation de paralyser le temps.
On discute encore un peu, échange rapide de nouvelles et d’impressions.
Congratulations mutuelles et le temps reprend sa course.
Premier et dernier jeux de cordes de la soirée dont la prise de conscience sera une déception douloureuse en forme d’eau salée sur mes joues. Retour cruel à moi-même, constat affligeant et désespérant.
Le reste de la soirée filera entre les mégots à ramasser, les verres à empiler, les pauses clopes dehors et les échanges verbaux plus ou moins conviviaux.
Drôle de soirée : épuisante.
Satisfaisante dans son état de soirée mais peu gratifiante à titre personnel.
Un train trop long en retard et la foule des inconnus qui s’éveille quand on est poli avec.
Arrivé à la salle sans être les derniers et mise en route de l’installation.
Moi je bougonne contre le froid avec le souvenir vivace de la précédente soirée à la même date.
A.S. doit s’en souvenir autant que moi et me soutient auprès de H. qui sent forcément moins le froid avec son verre de whisky à la main…
Installation laborieuse. A 20 h, les sandwichs arrivent et on n’a pas fini d’installer le fumoir, c’est bien la première fois… Par contre, on a le même son partout et ça aussi, c’est bien la première fois. Et il fait toujours froid. Mais le temps file, il est 22 h, faut se changer, allumer les bougies. Et ça démarre, on y croit pas vraiment nous-même, trop froid.
N. arrive, il suggère naturellement un jeu de cordes, salue quelques personnes et revient me proposer de m’attacher.
Prise de contact, on cause un peu.
Il s’étonne de mon dos anormalement détendu pour ce qu’il en connait. Je repense au déplacement de la semaine passée. Je lui parle de mon métatarse en lui montrant de quel os je parle.
Et sans que je sois vraiment capable de faire une différence entre le temps de parole et celui des cordes, il prend mes poignets et les joint dans un geste naturel.
Pourtant c’est évident qu’il s’agit d’une posture de contrainte, je sais pour l’avoir vu que certaines personnes ne supportent physiquement pas qu’on leur prenne les poignets ainsi.
Et là, c’est naturel pas seulement pour moi ou pour lui, quelque part c’est tellement logique entre nous que ça tiendrait presque de l’automatisme - sans connotation péjorative mais plutôt dans l’esprit de « je le fais sans y avoir besoin d’y penser vraiment ».
Je trouve aussi qu’il est plus calme, quelque chose de plus posé dans les gestes, ça n’en change pas la précision, juste une incidence sur la rythmique quelque part.
La corde coure sur mes poignets, il replie mes avant-bras et passe autour des épaules. Je parle encore avec N. et A.S. quand la corde passe sur mes bras. Je ne lutte pas vraiment contre le pouvoir inducteur, sur moi, des cordes autour des épaules, je ferme les yeux dans un automatisme propre à l’hypnose. Isoler les bruits, ne retenir que la tonalité de la musique, la laisser calquer son rythme sur celui des cordes, ressentir les frôlements des passages de cordes. Se bercer dans la douceur d’un geste sûr et réconfortant, bander les muscles pour ressentir la tension des cordes et deviner leurs dessins sur le corps.
Toujours cette sensation que N. tisse un cocon de cordes.
Un geste incroyablement émouvant quelque part dans ce rempart de cordes qu’il dresse entre le monde et moi, une autre façon de voir son jeu de cordes qui ne m’avait pas frappée avant.
Toujours l’asymétrie des positions qu’il travaille, propre à son style et significatif de sa maîtrise que je ressens en focalisant mon esprit sur le ressenti. J’ai la sensation d’un jeu de cordes compliqué sur mon flanc droit, j’ai l’idée saugrenue de toucher pour mieux saisir la complexité des passages quand je réagis que mes mains sont liées à l’exact opposé de l’endroit en question et qu’il est seulement inutile d’agiter les doigts pour espérer sentir quoique ce soit.
Bêtement, je pense que j’aimerais bien avoir une 3° main…
L’air se modifie autour de moi et N. me mène au sol. Cela m’étonne toujours venant de lui, il ne m’a pas habituée à travailler au sol – avec moi, du moins. Il s’empresse de mettre quelque chose sous ma tête, ça aussi, ça m’étonne toujours ; je n’ai pas choisi d’être le genre de femme à qui s’adresse ce genre d’attentions, ça n’appartient pas à mon univers.
Il joue de mes sens et je m’emmêle dans le flot des souvenirs. Je sais qu’il me fait passer par plusieurs positions et si je me concentre sur cet élément du souvenir j’isole facilement 3 ou 4 pauses, debout, au sol, les pieds suspendus, les jambes repliées mais sans vraiment savoir si l’ordre est le bon. Je sais qu’il fait des « choses » avec ces histoires d’énergie que je ne comprends pas, parce que je l’ai senti se « connecter » sur mes genoux.
Je me demande dans quelle mesure, mon affaire de métatarse l’a fait se « brancher » sur mes jambes. Comme je m’interroge légitimement sur l’influence de son intervention dans le fait que mon os finira par se réaligner de lui-même dans la soirée.
La sensation aussi qu’à un moment, il n’a pas aimé la coloration de ma peau ou son ressenti sur les pieds parce qu’il y a une coïncidence trop évidente entre ces frôlements sur mes membres et les cordes qui se dénouent.
La sensation de la corde qui passe en étrier sous mon pied, aussi forte en induction chez moi que la corde sur les épaules. Faudra quand même que je me documente sur l’intersection entre hyper-vigilance et hypnose.
Et cela m’interroge quand même face à d’autres épisodes de ma vie, cette facilité à l’auto-induction est-elle vraiment une sorte d’aptitude naturelle ou quelque chose qui aurait été exploité dans d’autres tranches de vie où mes souvenirs sont plus absents ?
Et toujours ce côté plus calme chez lui qui me laisse un peu de temps pour m’explorer dans les cordes ou est-ce moi qui suit plus disponible à moi-même ?
Étrange relation en pointillé qui s’est instaurée entre nous où les deux progressent en parallèle et se rejoignent par des sortes de bond, une progression en saut comme un influx nerveux.
Étrangement, je n’ai pas de souvenirs des cordes qui s’ôtent.
Juste à un moment, il me redresse et il n’y a presque plus de cordes sur moi.
J’ouvre les yeux vers le mur, la lumière crue m’éblouit un peu, je cligne pour ajuster ma vue.
La soirée a continuée à s’emplir, c’est toujours étonnant de constater que le monde ne s’est pas arrêté quand on a eu la sensation de paralyser le temps.
On discute encore un peu, échange rapide de nouvelles et d’impressions.
Congratulations mutuelles et le temps reprend sa course.
Premier et dernier jeux de cordes de la soirée dont la prise de conscience sera une déception douloureuse en forme d’eau salée sur mes joues. Retour cruel à moi-même, constat affligeant et désespérant.
Le reste de la soirée filera entre les mégots à ramasser, les verres à empiler, les pauses clopes dehors et les échanges verbaux plus ou moins conviviaux.
Drôle de soirée : épuisante.
Satisfaisante dans son état de soirée mais peu gratifiante à titre personnel.
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